De Marseille à Tuktoyaktuk

De Marseille à Tuktoyaktuk- [24/30] : 

Plus loin une autre sculpture. Comme la précédente, elle est indifférente face au caprice du temps. C’est celle d’Angela Sidney Ch’ooneté Mastoow, « respected and much loved Tagish eider of the Delsheetaan Nation. » À deux pas derrière, un immense totem est dédié aux Premières nations, aux Indiens Tagish représentés ici par Angela Sidney. En fin de journée ils prennent quelques verres, avec Céline et Carrie qui les rejoignent comme convenu, au Jarvis Street Saloon. Sur scène un groupe de folk achève sa première chanson. L’endroit est vaste et très agréable. Judicieusement décoré. Un avion-taxi biplace, bleu et blanc, est suspendu au plafond (est-il fait de carton-pâte ?) Son aspect est attrayant. C’est un Globe Swift. Sur la carlingue il est écrit « ZOD ». À l’arrière « GC-1B ». Sur le mur des affiches géantes représentent des trappeurs, King of the royal mounted, qui renvoient Omar à son adolescence peuplée de Kit Karson, de Blek le roc, de Davy Crockett… dont les histoires de guerre et de justiciers qui le captivaient et remplissaient de joie, parfois d’inquiétude, étaient grossièrement mensongères, mais Omar ne le savait pas. Céline et Carrie ne s’attardent pas plus d’une heure. Elles quittent les Marseillais en s’excusant. Eux-mêmes ne traînent pas après le départ de leurs amies. Ils dînent chez Antoinette’s, un restaurant africain à quelques pâtés de maisons, où l’accueil est chaleureux et le reste excellent. Il a plu toute la journée. Dans le camping-car le clapotis incessant de la pluie les accompagne jusque tard dans leur sommeil.

Le lendemain matin, ils se rendent chez Budget l’agence de location pour récupérer le véhicule que leur avait réservé Ange Chaumont depuis Yellowknife. Les agents sont confus car il y a eu une méprise. Ils se sont trompés dans leur planification des locations de sorte qu’ils n’ont plus en location le monospace Touran réservé. Mais ils font amande honorable. Ils proposent aux Marseillais une remise sur la location d’un véhicule Ford. Omar et Véro sont en colère et refusent dans un premier temps, puis acceptent après que le responsable en personne a fait passer de lui-même le rabais de 10 à 20 %. Ce sera une Ford Fiesta toute neuve, millésime de l’année en cours. Omar continue de maugréer alors que Véro est presque satisfaite. Elle se dit qu’ils auraient pu faire face à pire situation.

Il leur faudra prévoir de dormir à l’hôtel au vu de la taille de l’auto. « Encore des frais imprévus ! » s’irrite Omar. La Fiesta est moins à même qu’un 4X4 de traverser haut la main la fameuse Dempster Highway, ‘l’autoroute’ du Grand Nord, jusqu’à Inuvik. « C’est toujours ça ! » s’exclame Véro alors que Omar prend soin d’apprivoiser le levier de vitesses de la boîte automatique. Son utilisation est simple, mais il faut s’y habituer et éviter par exemple de chercher à enfoncer la pédale d’embrayage alors qu’il n’y en a pas. Ils transbordent ensuite leurs affaires – y compris les trois jerrycans pleins, ils seront nécessaires sur la Dempster – du Westfalia vers la Ford et, peu avant onze heures, prennent la Klondike Highway en direction de Dawson City, à plus de cinq cents kilomètres de là. 

À la sortie de Whitehorse, Omar remarque que le niveau de la jauge est assez bas, « on a les jerrycans, mais les types ne sont pas sympathiques » dit-il à propos des employés de l’agence de location. Ils sont même mesquins ajoute-t-il. La température n’est pas élevée : 17°C. Une pluie fine et continue tombe, comme hier. Elle cesse peu après Carmacks où ils prennent un grand café américain dans la station-service et font le plein de carburant. « Gazoline, diesel ? » « yes diesel » « diesel that’s it ? » « Yes thank you ». Omar a bien vérifié. Sur la carte grise, il est bien spécifié « gazoline ».

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