De Marseille à Tuktoyaktuk

De Marseille à Tuktoyaktuk- [09/30] : 

Véro réussit à franchir la barrière de sécurité et prend des portraits au plus près du couple royal sans se soucier des policiers ni des gardes du corps indulgents par ailleurs. « On ne sait jamais » répond-elle à Omar qui la raille. Ni lui ni elle n’affectionnent ce type de manifestation, même s’ils apprécient la cornemuse, et ils le font savoir à Victor, avec tout le tact nécessaire, bien qu’il ne soit pas lui-même sujet de Sa Majesté la reine du Canada. Victor préfère rester. Véro et Omar reviennent vers la 50° avenue, passent devant la Diavik Diamond Mine et la CIBC Bank. À hauteur du restaurant AεW ils tournent à droite sur la 49° Street. Ils entrent au Frolic, un sympathique bar-restaurant français dont vient de leur parler Victor. La couleur est affichée dès la porte d’entrée. Un grand drapeau tricolore flotte sur le fronton. À l’intérieur, les quatre serveuses sont autant de Marianne portant un bonnet phrygien. Sur chaque table sont dressés deux fanions, l’un canadien, l’autre français. Le patron se prépare à recevoir la semaine prochaine, dans le jardin du restaurant, tous les citadins de Yellowknife amis de la France. La nuit du 14 juillet sera longue. Omar fait un clin d’œil à Véro « et si on cherchait un lieu, une assoc, un bar ou un restaurant algérien, c’est la fête nat. au bled aujourd’hui… » Il a une pensée pour Jamila et Maïssa Bey. Il aurait aimé participer à la manifestation de la librairie du musée. « Au Piranha-bar ! » fait Véro malicieuse. Omar ne relève pas ce qu’il considère comme une maladresse. Ils prennent deux jus avant de revenir au pavillon de l’Association franco culturelle. Cette fois ils la rencontrent la directrice. Ange Chaumont est une jeune et jolie brune qu’on jurerait sortie d’une agence de mannequins andalous. Ce que Skype, durant leurs échanges, ne laissait guère entrevoir ou deviner. Ses longs cheveux de jais tombent négligemment sur ses épaules, ses yeux noisette-noir brillent sous la poudre sombre qui souligne leur tour, leur élégance orientale. De grandes boucles en corail (imitation ?) rouge vif, pendent à ses oreilles. Ange est heureuse de les rencontrer. « Des Français qui s’aventurent jusqu’à Yellowknife, on n’en voit pas tous les jours » dit-elle en venant à eux. Elle leur présente ses collègues : Victor donc, mais aussi Alice, Rosalie et Pascaline « on s’est vus tantôt » dit Pascaline. Elle leur présente également des usagers : Gabriel, Dembe, Olivier et Noémie. Puis elle leur parle de l’association et de ses multiples activités. Elle leur donne toutes sortes d’informations sur la capitale et ses environs, mais aussi sur Dawson City et Inuvik. Elle leur fournit les coordonnées de Budget, une agence de location de voitures située à Whitehorse, à 1800 kilomètres à l’ouest de Yellowknife, non loin de la frontière avec l’Alaska. Lorsqu’ils lui demandent si son association est en relation avec celle de Whitehorse, Ange dit en connaître l’existence, mais pas vraiment les membres. Les deux associations n’ont pas d’activités communes et n’échangent pas leurs expériences. 

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(‘‘La suite au prochain numéro’’, le [10/30])

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