J’ai rêvé l’Algérie

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J’ai découvert par hasard (via un tweet de Laïla B.) ce récent livre édité par les Éditions Barzakh d’Alger. Un livre collectif de témoignages, de récits et de fictions.

Voici ce qu’écrit en Avant-Propos de cet ouvrage Amina Izerouken, Chargée des programmes Fondation Friedrich Ebert Algérie: 

« J’avoue que j’ai rêvé ! 

J’ai rêvé éveillée : assise, debout, en marchant, en m’endormant… Mon rêve était palpable, il frôlait le réel, il se matérialisait ! 

J’ai rêvé pour moi, pour que mes sœurs ne soient plus jamais violentées, nos libertés plus jamais confisquées ; j’ai rêvé que la presse ne serait plus muselée, le champ politique barri- cadé, notre patrimoine délaissé, saccagé… 

Puis, je me suis interrogée sur nos responsabilités, notre démission, notre rôle dans ce marché conclu à huis clos, mais au vu et au su de tous et de toutes, sur nos futurs accomplis- sements, et sur l’idée que les rêves personnels devraient s’emboîter dans les rêves collectifs pour avoir une chance de devenir réalité. C’est la somme de tous ces rêves, de toutes ces interrogations, de toutes ces aspirations laissés en suspens faute d’espaces dédiés au vrai débat de fond, qui ont suscité en moi le désir d’accompagner la réalisation de cet ouvrage collectif. Celui-ci ne changera peut-être rien à notre réalité, mais trouvera, sans nul doute, écho auprès de celles et ceux qui s’acharnent encore à vouloir être libres de penser, de rêver et de bâtir ensemble. 

Au départ, alors que le Hirak battait son plein et que les rêves semblaient accessibles, l’idée première consistait à amener des jeunes à rêver l’algérie par le biais de l’écrit dans le cadre des cycles d’ateliers d’écriture organisés par le bureau de la Fondation Friedrich Ebert en Algérie, depuis 2005. Dans un contexte de crise sanitaire peu propice aux rencontres physiques, nous avons vite dû y renoncer. C’est alors que nous avons fait cette belle rencontre avec Barzakh. ensemble, nous avons remodelé le projet, enthousiastes à l’idée de relever un pari aussi risqué car, comment déjouer les stéréotypes et les poncifs, comment se donner les moyens d’un ouvrage original, iconoclaste mais d’abord utile, autour d’une Algérie rêvée ? aussi avons-nous décidé d’inviter des personnes, militantes ou non, journalistes, écrivain.e.s, architectes, psychologues, étudiant.e.s, médecins, citoyens et citoyennes ayant un rap- port amateur ou confirmé à l’écriture, à par- tager leur rêve, chacun et chacune à partir de sa place, de sa subjectivité, de son domaine d’intervention. La question semble élémentaire : « De quelle algérie rêvez-vous, et pourquoi ? ». Elle n’est simple qu’en apparence. Si on la sonde vrai- ment, elle accule, elle oblige, elle nous enjoint de dépasser généralités et banalités expéditives. Si le rêve est une activité cérébrale incontrô- lée (en tout cas, le rêve nocturne), il demeure, en algérie, lorsqu’il est éveillé et volontariste, un exercice pour le moins complexe. Dans un contexte qui verrouille les perspectives, il n’est pas simple de se projeter et de galvaniser son énergie pour construire l’avenir. 

Or, comment penser et bâtir une algérie meil- leure si l’on ne sait pas la rêver ? interrogation en écho aux vers de Habiba Djahnine dans son texte « Terre inconnue » (Cf. p. 52) : « Comment rêver le futur sans le présent ? / Comment vivre le présent sans rêver à demain ? ». 

Loin des sentiers battus, des débats politiques, des propositions de programmes et feuilles de route, cet ouvrage se veut l’expression subjec- tive d’une projection de l’algérie que l’on aime- rait voir se réaliser. 

Des voix singulières nous entraînent dans des combinaisons infinies: fictions, autofictions, récits d’anticipation, témoignages, réflexions. Une seule ambition, un seul mot d’ordre : pro- poser une projection intime, réaliste ou non, d’une algérie meilleure. Quatorze textes, qua- torze subjectivités, à travers lesquels miroite la possibilité de construire une société de libertés, de progrès et de vivre-ensemble. 

Cet ouvrage, plein d’espoirs, mais aussi de mises au point franches et sans concession, de vérités crues et courageuses – dites avec humour souvent –, nous raconte qu’une autre Algérie est possible. » 

Amina Izarouken 

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Le livre est constitué de quatorze textes (7 fictions et 7 témoignages et récits) écrits par: Wiame Awres, Hajar Bali, Atiqa Belhacene, Habiba Djahnine, Sarah Haidar, Mohamed Larbi Merhoum, Samir Toumi, Chawki Amari, Salah Badis, Khadidja Boussaid, Bouchra Fridi, Fériel Kessaï, Zaki Kessaï, Arab Izar, Louisa Mankour, Akçil Ticherfatine.

Voici un extrait du livre tiré de « La balade du centenaire » par Samir Toumi

« … Tous les matins, je traverse la place du 22 février, premier rituel de ma marche matinale et dans ma tête j’entends résonner la même clameur surgie du passé : celle des escaliers de la grande Poste, bruissant de cris, de chants et de slogans, déclamés pour la première fois, ici-même, sur cette place, le 22 février 2019, ce jour où tout a commencé. Je venais d’avoir vingt ans, mais pour moi, ce fut une seconde naissance. Je devins un citoyen ! et pour mes parents, enfants désabusés d’octobre 1988, ce fut une renaissance ! 

Nous avons été des millions à battre le pavé, en foules compactes et déterminées, dans toutes les villes d’Algérie, d’abord incrédules, puis ébahis, heureux, et résolus à en finir avec un système indigne, médiocre et corrompu, qui étranglait notre pays et nous privait d’avenir. Hommes, femmes, enfants, riches, pauvres, tous différents, chantions et clamions ensemble les mêmes slogans, dans une incroyable harmonie, avec le fol espoir, qu’enfin, les choses changent. La lutte fut longue et ardue, et les sacrifices nombreux. Activistes, simples citoyens ou journalistes, combien de personnes furent emprisonnées, combien de provocations visant à nous diviser furent tentées, par une gouvernance sournoise et manipulatrice. Mais rien, ni personne ne nous fit basculer, ni dans la division ni dans la violence. Notre arme ultime, le pacifisme, finit par triompher et un véritable régime démocratique fut enfin instauré. Une Algérie diverse, engagée et responsable, a fini par émerger, puis évoluer et s’épanouir, pour devenir l’Algérie d’aujourd’hui, celle où je vis un heureux crépuscule, et où mes jeunes com- patriotes et où mes jeunes compatriotes envisagent, avec sérénité, leur avenir… » 

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Quatrième de couverture

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