Défendre les Droits de l’homme est un honneur

POINT DE DÉPART, CETTE CONDAMNATION.

TV5 MONDE_ 26.11.2020

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CLIQUER SUR CE LIEN POUR VOIR LA VIDÉO « CONDAMNATION DE L’ALGÉRIE »

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Il y eut ensuite « un lâché » sur les défenseurs d’un discours de respect des Droits de l’homme, notamment sur Facebook. En réponse à un ami à la suite du tintouin autour de la Résolution du Parlement européen condamnant le Pouvoir algérien, je lui ai adressé ce texte.

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Bonjour W., excuse-moi, je vais être long.

Tu es d’accord pour dire comme moi que cette condamnation européenne rend fous tous ces médias algériens (j’ajoute le Pouvoir aussi) et que c’est voulu. Tu ajoutes « et ça marche ! ». Évidemment, ça ne peut que marcher pour la majorité du peuple. Cela fait 60 ans que la télé martèle les même slogans. Ça ne peut que marcher, surtout si on y accole des termes comme « Israël », « Palestine », « colonisation », pour brouiller les pistes tout en omettant les Ouïghours, les Kurdes… et en fermant les yeux sur la réalité interne au Bled, absolument catastrophique sur de nombreux domaines (cf. chiffres Unesco, Onu, RSF, OMS, Algeria Watch, FIDH…)

Ces médias algériens manipulent l’événement (la condamnation du Pouvoir algérien par le Parlement), car il ne s’agit pas du tout d’une ingérence (« de l’UE » disent-ils, malhonnêtes), il s’agit d’engagements non respectés par les Algériens. Ces médias créent une bulle dans laquelle s’engouffrent beaucoup d’Algériens qui n’ont hélas pas suffisamment d’information (bâillonnement de la parole libre), je ne leur en veux pas. Il y a d’autres catégories d’Algériens qui ont les moyens de la mise en perspective, qui ont les moyens intellectuels, qui voient le monde évoluer… et qui s’engouffrent dans cette bulle, dans cette manipulation pour maintenir leurs petits intérêts égoïstes, ou simplement par soutien idéologique à un pouvoir autoritaire (le même depuis des lustres) qui ordonne aux médias (et aux Algériens) de ne pas outrepasser telles et telles lignes rouges. Cette catégorie d’Algériens défend la politique anachronique de ce pouvoir algérien (qui viole sa propre constitution : notamment sur la défense des Droits fondamentaux en son préambule et en son chapitre Un du titre Deux) et dont ils reprennent l’argumentaire mot à mot, c’est leur droit absolu de soutenir l’autoritarisme, mais ils n’assument même pas. Ces gens-là soutiennent ce pouvoir corrompu car la démocratie qui fait émerger le peuple des bas-fonds et qui met à nu leurs desseins ça leur fait peur et les dérange (aussi) dans leurs petites affaires. La plupart d’entre courent ensuite se laver à la mosquée dix fois par jour et se bousculer aux premiers rangs du minbar en prenant Dieu pour ce qu’il n’est pas. Ces gens-là sont hypocrites et dangereux parce qu’ils savent. Attention je commence à partir en vrille. Il me faut m’arrêter ou freiner.

Une dernière chose quand-même cher W. : c’est une question de principes ! Si je suis attaché à la défense des Droits fondamentaux de chaque citoyen, je ne vais pas me taire (et donc les taire) parce que d’autres que moi, que je n’aiment pas, les défendent (même s’ils soutiennent Trump, l’Iran, Israël, L’Arabie saoudite, les EAU, le Maroc, la Chine et que sais-je encore, le Pape…) Je dois défendre les Droits des Algériens car je crois en ces Droits fondamentaux. Il ne faut jamais tergiverser sur les Principes. À moins de ne pas en avoir et ça c’est une autre question. Lorsqu’on a des Principes on les défend quelles que soient les circonstances (j’admets avec plus ou moins de verve c’est vrai car je ne suis pas un kamikaze non plus). Qu’on le veuille ou non la terre est ronde, ainsi que le soleil, la lune… Si un salopard me dit que la terre est ronde, que le soleil aussi et la lune idem, je ne vais pas lui dire « non c’est faux car tu es un salopard ! » je l’approuverais d’abord. Ensuite, et ensuite seulement je lui dirais qu’il est un salopard. Ces gens-là (ceux qui noient le poisson en algérie) se cachent derrière les méfaits de l’Europe, des Américains, du Pape, d’Israël… pour mieux se cacher les yeux, se boucher les oreilles et fermer la bouche (as-tu lu mon poème « Potiche » posté hier sur Facebook ?)

(Le poème, »Potiche » , est ici en fin d’article)

Je te donne un exemple : dans les années noires il y avait les assassinats islamistes et les « dérapages » (on a même parlé de planification de la terreur) de segments des forces diverses à l’ombre du Pouvoir. Il y eut entre 7.000 (reconnues officiellement) et 20.000 (LADDH) disparitions forcées. À l’époque (beaucoup moins aujourd’hui) nous dénonçaient pour « soutien aux familles des terroristes ». Il y eut des menaces, des filatures… Tu le sais peut-être, de la question des disparitions forcées j’ai fait un roman « La folle d’Alger » qui a eu un certain succès. Des années plus tard ce combat des mères, épouses, filles de « disparus » qui a été mis en lumière grâce aux soutiens des années durant par Le FFS, le PT, la LADDH, Le Parlement européen, Amnesty International, LA FIDH, Algeria-Watch…, ce combat a été officiellement reconnu (le pouvoir n’avait plus le choix), et tous les Algériens savent aujourd’hui la responsabilité de certains segments à l’ombre du pouvoir de la Issaba d’alors, et dont nombre d’entre leurs responsables sont en prison aujourd’hui. Mais la Vérité et la Justice restent hélas encore à venir. Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, je suis fier de me regarder dans un miroir.

Le combat continue car beaucoup d’Algériens souffrent. Beaucoup d’Algériens victimes de la Hogra sont détenus car ils ont juste exprimé leur droit fondamental, celui de donner leurs opinions, un droit fondamental reconnu par la Constitution algérienne, celle-là même qui attend d’être promulguée faute de signataire. Quel comble !

Désolé pour la longueur. J’avais encore deux fois plus à dire, mais…. Une autre fois, ailleurs.

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AUTRE VIDÉO: KARIM TABBOU SUR F24 _ LE 24 NOV 2020

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Potiche

Quand ils ont arrêté l’opposant politique je n’ai rien dit

J’ai pensé qu’il l’avait cherché

Quand ils ont frappé le militant des Libertés je n’ai rien entendu

J’ai pensé qu’il l’avait cherché

Quand ils ont bâillonné le journaliste je n’ai rien vu

J’ai pensé qu’il l’avait cherché

Quand ils ont fait disparaître le voisin j’ai dit que je ne le connaissais pas

J’ai pensé qu’il l’avait cherché

Quand ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester

Je n’avais jamais rien fait.

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Pastiche en l’honneur de Martin Niemöller

Ahmed Hanifi, Marseille le 28 novembre 2020

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