De Marseille à Tuktoyaktuk

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De Marseille à Tuktoyaktuk- [25/30] :

De temps à autre ils sont attirés par des amas de grosses pierres ayant une forme humaine, les bras tirés de part et d’autre du corps, des espèces de cairns. Ce sont des Inukshuks, qui ont, dit-on dans les traditions indiennes, des capacités d’homme et de femme certaines. Tout au long de la route, ce sont des milliers d’hectares d’arbres.  Une succession de forêts et de lacs, de lacs et de forêts de bouleaux ou de sapins. Certains endroits portent des traces d’incendies anciens, dont les dates sont indiquées sur des panneaux dressés sur le bord de la Highway. Nombre de ces feux sont délibérés et officiels, ainsi de grandes plaques informent et rassurent en même temps :« Les incendies sont allumés soit par les éclairs, soit par le personnel du parc, et le contrôle en est planifié (…) Pour brûler sans danger et atteindre les objectifs d’ordre écologique, les spécialistes fondent leurs décisions sur les conditions atmosphériques, le type de végétation, le comportement du feu et la composition du terrain… » Toutefois, la végétation est peu abondante ici aussi comme dans toute la région de Bechchokǫ̀. Sa croissance est lente et réduite à cause du pergélisol. Les aulnes, bouleaux et autres sapins sont peu développés, rabougris. La route – goudronnée – est globalement correctement entretenue même si de temps à autre des chantiers de réfection obligent à une vigilance accrue. Des panneaux ‘bumps’ attirent l’attention sur des dos-d’âne ou des nids de poule quelquefois imposants. La circulation est faible. Omar et Véro mettent un peu plus de huit heures pour parcourir les cinq cent trente kilomètres qui relient Whitehorse à Dawson City où ils arrivent en fin de journée, lorsque la journée décline. Dès lors qu’on prononce « Dawson City », aussitôt, on pense « ruée vers l’or ». La ville a été fondée en même temps que la découverte de ce précieux métal. Dawson compte aujourd’hui deux mille habitants. 40.000 y vivaient en 1898. L’intrigue de deux romans de Jack London (lui-même chercheur d’or) se déroule dans le Yukon, à Dawson : L’Appel de la forêt et Beliou la fumée. 

 ‘La journée décline’ est une expression, et tous deux trouvent que le soleil est anormalement haut. Leur sérénité en est un temps troublée quoiqu’ils n’en sont pas à leur première soirée dans le Grand Nord, mais la luminosité est telle à vingt heures qu’ils en sont tout remués. Du plein de carburant qu’ils ont fait le matin à Carmacks, il ne reste pas grand-chose. Le voyant de la jauge clignote. Les deux aventuriers passent la nuit dans la Ford Fiesta sur un coin de l’étendue de terrain qui fait office de terminal pour ferries. Rien n’indique que c’en est un, sinon deux plaques sur lesquelles il est écrit en noir sur fond blanc « small vehicules only » sur l’une et « large vehicules only » sur la seconde, posées toutes deux à même le sol, retenues par de gros blocs de pierre. Deux couloirs délimités par deux larges bandes jaunes parallèles marquent la zone réservée aux voitures. Omar avance la Fiesta à l’écart de ce périmètre, mais suffisamment près de la Yukon river. Depuis ce terminal les ferries emmènent les passagers au pied du camping situé sur l’autre rive de la Top of the world highway… 

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