De Marseille à Tuktoyaktuk

Note: 

Le contenu de cette série de textes, par son style léger et de surface, par son rythme, sa longueur par l’association d’images, renvoie au récit classique de voyage et non au roman évidemment…

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De Marseille à Tuktoyaktuk- [13/30] : 

Omar et Véro souhaitent se rendre au Canada (premier post- 1). Ils font de Inuvik leur grande destination. Ils se renseignent sur le pays, la région… (2) Ils arrivent à Montréal en juillet. (3). Ils rencontrent l’écrivaine Jamila que Omar connaît. Assistent à des spectacles au festival de Jazz autour de la Place des festivals, prennent des verres et des photos évidemment…(4) Ils découvrent la ville, le quartier Petit Maghreb, le Saint-Laurent…Prennent un vol de la compagnie Jazz-Air pour Yellowknife. (5) Marc les attend à l’aéroport. Ils font la connaissance de sa compagne Karin. Les locaux leur parlent d’eux, de leurs territoires… (6) Omar parle de la petite mosquée d’Inuvik. Ils se rendent à la maison qui leur est prêtée « ainsi que le Westfala »… (7) Marc les introduits, les informe. Ils visitent Yellowknife, se rendent à l’association franco yuconaise. Devant l’hôtel de ville on accueille le prince de Galles fils de Diana, et son épouse /8/. Ils se rendent au bar-restaurant français Le Frolic. On y prépare le 14 juillet. Omar, lui, pense au 5 juillet du Bled. Ils font connaissance des membres de l’association(9). Ange a réservé un véhicule que Omar et Véro récupéreront à Whitehorse. Ils font un grand tour dans Yellowknife et autour, jusqu’au village indien, Dettah.(10) Le soir ils sont au Mackenzie Lounge avec Marc, Karin, Ange et Victor. Les Marseillais parlent de leur projet. Les amis (journalistes) les invitent à en parler à la radio. On leur parle de Tuk. « ne pas rater »  (11) Sur la scène un jeune poète déclame des vers. Il invite Véro et Omar à participer à un atelier du mercredi qu’il anime bientôt.  (12)

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De Marseille à Tuktoyaktuk- [13/30] : 

Le lendemain matin les deux partenaires se rendent au Northern Heritage Centre (n’était-ce pas l’Office de tourisme ?) où sont exposés des outils de mineurs, des animaux empaillés, ours bruns, noirs, blancs, renards, corbeaux, rennes… L’après-midi ils découvrent la vieille ville et son mythique WildCat Café. Malheureusement il est fermé. Un grand panneau planté devant la porte signale « Restauration project. Reopening on may ». Tant pis se disent-ils. Ils se rabattent sur le Bullock’s Bistro, non loin, lui aussi très réputé pour la qualité de sa cuisine essentiellement faite de poissons. Ils prennent deux boissons et discutent avec la patronne qui apprécie qu’on la photographie. Elle est loquace comme un présentateur de télévision et sourit abusivement. Elle demande à Véro « vous êtes journaliste ? » La propriétaire est venue de Berlin il y a vingt ans, les mains dans les poches et des rêves d’argent enfûtés. Les murs à l’Est s’écroulaient les uns après les autres comme des châteaux de cartes. Aujourd’hui, même si sa peau n’a plus la fraîcheur d’une libellule ce dont elle se plaint, elle est ravie de sa situation, de son ascension sociale. « Avec les prix qu’elle pratique, je comprends bien qu’elle soit contente » dit Omar entre ses dents et la dame lui sourit encore.

Deux jours plus tard, en début d’après-midi arrivent à la maison Joneen et son compagnon, pour procéder à l’enregistrement de l’entretien radiophonique. Ils expliquent aux Marseillais ce qui les intéresse : parler de la Cité phocéenne, dire pourquoi le choix du Grand Nord… « en anglais uniquement s’il vous plaît » précise Joneen. Dire « Minaret », « insolite », « transport sur barge » ou « à but non lucratif » en anglais n’est pas une sinécure. Les Marseillais s’en sortent grâce à la salutaire intervention de la journaliste qui est bilingue. L’enregistrement fini, ils prennent un café.

Le week-end et les jours suivants Véro et Omar passent beaucoup de temps au Folk on the Rocks, le plus grand festival de musique du Nord canadien sur les bords du Gran lac des Esclaves – Great Slave lake – connu aussi sous le nom en Dogrib : Tideè. De nombreux chanteurs Inuits s’y produisent comme Kulavak et la belle Elisapie Isaac. Elisapie tinte comme une cloche de Noël, elle chante, légère comme une chrysalide sur le point d’éclore : 

« In my life there is a dark hole/ In that hole there is a future butterfly/ I become a shelter of fear and desire… »

Le plublic, nombreux grands et petits, est ravie.

Kulavak est un duo de femmes qui interprète d’étranges et saisissants chants de gorge. (voir la vidéo) Plusieurs centaines de personnes applaudissent frénétiquement. Certains spectateurs sont sagement allongés directement sur le sable fin de la plage, le bras soutenant la tête. D’autres, derrière ceux-ci, sirotent un verre, assis sur des bancs colorés. D’autres encore, à un mètre de la grande scène, dansent et chantent au rythme des musiques que la plupart des spectateurs connaissent par cœur. Ils affichent tous un air radieux. Les gens du Grand Nord ont, dit-on, le cœur sur la main, prêts à l’offrir chaque été. Durant la période estivale, la luminosité et la longueur des jours dissipent le spleen et l’obscurité que répandent les longs mois blancs.

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CLIQUER ICI POUR VOIR VIDÉO DE CHANTS DE GORGES INUITS

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