Un manifeste contre les musulmans

Lorsque le 25 avril le journaliste de Radio Galère de Marseille (qui me recevait pour parler de mon dernier roman « Le Choc des Ombres » (1) sur la haine en France), me demanda mon opinion sur « ce manifeste de Philippe Val » (leparisien.fr – 21 avril) (2), je lui répondis que ce papier agitait les peurs pour exclure une partie de la communauté ». Mais ma réponse, trop courte, ne reflétait pas toute ma pensée. Je me suis dit qu’il me fallait prendre le temps et écrire ma réponse au plus près de ce que je ressens, je pense.

Un manifeste contre les musulmans

Le  » Manifeste ‘contre le nouvel antisémitisme’  » de Philippe Val et consorts est une proclamation contre les musulmans. Je suis outré, révolté contre les criminels, notamment ceux qui tuent au nom de l’Islam, ma religion. Dans la France du XXI° siècle, des femmes et des hommes sont tués parce que juifs. Cela est insupportable. Les actes criminels doivent être clairement dénoncés et leurs auteurs condamnés à hauteur de leur abomination. Quelles que soient les croyances et l’origine ethnique des criminels, quelles que soient celles des victimes. Les moins jeunes se souviennent qu’il n’y a pas si longtemps en France on tirait sur « des Arabes » (lire Algériens) comme sur des lapins de garenne. Des assassinats par centaines parce que « Arabes » (« Arabicides », Fausto Giudice). C’était en France, et c’était il n’y a pas si longtemps.

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Qu’il y ait des réactions fortes aujourd’hui à la suite des derniers drames est un signe positif. C’est ainsi qu’à la suite de plusieurs meurtres de citoyens juifs, un « manifeste, rédigé par Philippe Val et réunissant plus de 250 signataires est rédigé » et publié. (leparisien.fr) (2) Dans ce type de circonstances, toute réaction citoyenne forte est louable à la condition toutefois que tout ou partie d’une composante de la communauté nationale ne soit pas mise au ban de cette dernière par cette réaction, au prétexte que les criminels sont membres de la dite composante. La mise au ban, c’est justement ce à quoi s’emploie, insidieusement, ce « Manifeste contre le nouvel antisémitisme ». Un mot sur ce mot : le terme « antisémitisme » a été dévoyé. Le glissement sémantique qu’il a subi en France nous conduit aujourd’hui à ne considérer sous ce vocable que « l’hostilité à la race juive » (dixit le lexique du CNRTL), exit les autres sémites, alors même que le Littré définit ainsi ce terme : « nom de peuples asiatiques ou africains… Les sémites comprennent les peuples qui parlèrent ou qui parlent babylonien, chaldéen, phénicien, hébreu, samaritain, syriaque, arabe et éthiopien » (Littré 2003, tome 6, page 5827).

Je suis citoyen musulman. Et c’est comme tel, comme musulman que je suis, encore une fois, stigmatisé. Parce que musulmans, des millions de citoyens français sont mis à l’index par des groupes aux relents insupportables, voire répugnants. Cette fois-ci ce sont ces « Quinze intellectuels » très influents dans la sphère politico-médiatique qui chargent à travers un « manifeste contre le nouvel antisémitisme. » Exploitant cette affligeante réalité, le rédacteur, Philippe Val, et ses associés veulent, comme d’autres avant eux, nous marginaliser, faire de nous des allogènes définitifs. Ils usent d’un alibi éculé et rance, l’incompatibilité de l’Islam avec le socle judéo-chrétien de la France. « L’histoire française est profondément liée à la pensée juive » écrivent-il, et par déduction ils suggèrent que ce n’est pas le cas pour la pensée musulmane, que la France s’est faite hors de la « pensée musulmane », un discours véhiculé par  l’extrême droite ancienne et nouvelle. Ce déni insinué est intellectuellement malhonnête.

Ce procédé malsain me contraint d’une part à me demander si le dessein réel de ce Manifeste n’est pas d’exclure les musulmans de la communauté nationale et d’autre part à m’interroger sur les véritables commanditaires de cette charge.

Philippe Val compare des actes criminels isolés à « une épuration ethnique » dont la responsabilité, sournoisement suggérée incombe aux musulmans, à l’Islam. L’équation est abjecte, même si elle est machiavéliquement atténuée, « épuration ethnique à bas bruit » est-il précisé.

Les mots qui suivent, en réaction, reflètent avant tout l’expression de mon profond ressenti, j’allais ajouter « spontané » et ma profonde colère. Certains éléments que j’avance ont été par ailleurs énoncés, mais il m’a paru utile de rappeler leur évidence.

L’engagement qui unit le noyau dur des auteurs du « Manifeste contre le nouvel antisémitisme » (Philippe Val, Alain Finkielkraut, Bernard Henri Lévy, Pascal Bruckner, Brice Couturier, Georges Bensoussan, Richard Prasquier (ancien président du CRIF), Élisabeth de Fontenay, Manuel Valls… ) l’engagement de ce noyau dur, ces « petites forces », sinon la plupart d’entre les signataires, repose sur une « logique d’auto-renforcement », un triptyque composé des positionnements suivants : 

– Leur islamophobie. Le terme est impropre car il s’agit moins de peur (phobie- φόβος) que de rejet (apotheomai- ἀπωθέω) de l’Islam et des musulmans, ces nouveaux « ennemis de l’intérieur ». Interrogeons la stigmatisation continue du fichu « voile islamique » (pas celui des grands-mères chrétiennes, pas celui des mères juives), du burkini… nous comprendrons mieux cette diatribe contre une partie des citoyens français, la plus vulnérable, les musulmans.

– Leur génuflexion, poings et cœurs serrés au pied d’une laïcité dévoyée, belliqueuse, prosélyte, exclusive, radicale et antireligieuse (antimusulmane en l’occurrence). Ils remettraient en cause la loi de 1905.

– Leur attachement viscéral, leur amour éperdu, et même plus pour d’aucuns,  « éternel » à l’État d’Israël où coule « le lait et le miel » et dont ils ne pipent mot dans leur texte (si, un seul « antisionisme », j’y reviens)

Demander que « les autorités théologiques » musulmanes marquent d’obsolescence des versets du Coran, recourir à ce « blasphème » (Tareq Oubrou), demander à « l’islam (i minuscule) de France qu’il ouvre la voie », c’est ignorer ou feindre d’ignorer que celles-ci n’existent pas en Islam. Nous n’avons pas de Pape. Comme les juifs, les musulmans n’ont pas de clergé. Leur courage (ou lâcheté) leur dictera-t-il de prier « les autorités théologiques » juives d’expurger du Talmud les passages sur les discriminations et les grandes violences, très nombreux versets, contre les non-juifs, les Goyim ? (merci monsieur Jacob Cohen)

Ils auraient pu évoquer l’Ijtihad (effort d’interprétation des textes), faire appel à des lumières, celles et ceux que les médias ignorent ! Ce serait une excellente idée que de leur donner la parole, cela nous changerait (n’est-ce pas) du très controversé Chelghoumi (longtemps suspecté par les services de renseignement français), illustre ignorant, trimballé comme un bouffon médiatique, risée de la majorité des musulmans français, que le maelstrom politico-médiatique français a proclamé imam, « imam des lumières » ! (Annette Lévy-Willard), au lieu et place des musulmans de son quartier. S’il faut bien lui reconnaître une troupe de fidèles à cet individu, elle serait composée pour l’essentiel de nombreux journalistes « positionnés ». Écoutons son génie : « Quand on a vu sur sa première photo de classe que ma fille n’était entourée que de blacks et de Beurs, on s’est dit avec ma femme qu’elle ne devait pas rester dans cette école », école de la République. Sages et fraternelles paroles de l’imam des lumières médiatiques (in Le Figaro.fr).

Mais revenons aux lumières, les vraies, Val et compagnie auraient pu demander dans leur texte à ce que les autorités concernées leur fassent appel. Ils auraient pu. Mais les travaux des penseurs de l’Islam aboutiraient-ils ? La question de la prise de risque peut se poser. Ces « nouveaux penseurs de l’Islam » ne prendraient-ils pas un risque à dire haut et fort leurs Ijtihad ? On leur fait parfois appel, mais le peu de fois qu’ils apparaissent ils se contentent, obligés par le dispositif médiatique, de redondances futiles. Ils savent qu’ils prendraient un risque à s’épancher. Claude Askolovitch exprime magnifiquement et avec retenue ce risque : « J’ai aussi, dans ma vie, expérimenté ce qu’il en coûte de récuser la vulgate identitaire en France, et j’ai dilapidé quelques positions sociales, à fustiger l’islamophobie. » Réservé, mais très clair. Si vous y touchez il vous en coûtera ! (À lire absolument : Le « Manifeste contre le nouvel antisémitisme » une logique dévastatrice ». In Slate.fr, 23 avril 2018)

Pour les messieurs et les mesdames du Manifeste, l’appartenance à la sphère musulmane est naturellement sujette à stigmatisation dans la mesure où cette appartenance est source d’antisémitisme. Ils ne voient pas en moi le citoyen égal à tout autre citoyen, mais le musulman qui est, de fait, parce que musulman, par définition, agrégé à une croyance faite d’un bloc unique, et est par conséquent dénué de capacité de choisir et de critiquer, de nuancer. En suggérant que nous musulmans, pris individuellement, ne sommes que de simples maillons d’une chaîne, les auteurs du manifeste ignorent, par calcul ou réellement, l’histoire et les couleurs du spectre de l’Islam et des musulmans d’une part, et réduisent les capacités individuelles de chacun de nous à se situer sur ce spectre. Déterministes, ils nous dénient l’aptitude au libre-arbitre.

Leurs stigmatisations radicales participent aussi d’une certaine manière à la radicalisation. Ils alimentent la construction d’un dangereux mécanisme dont on n’ose penser l’aboutissement. Circonscrire la violence meurtrière à la seule source de la croyance en faisant fit de quantité de facteurs comme l’exclusion sociale, la discrimination économique, le racisme, la ghettoïsation dans des quartiers populaires (GE, ZAC, ZUP, REP…), la relégation, la trajectoire ou carrière individuelle… est pitoyable et dangereux. Si la sociologie ne règle pas tous les problèmes, elle donne aux Politiques et aux citoyens des clés pour les comprendre, les expliquer.

L’un des signataires, cet ami éternel d’Israël (« par ma femme – la quelle ? –, je suis lié de manière éternelle à la communauté juive et à Israël »), dit « avoir assez de ceux qui cherchent en permanence des excuses ou des explications culturelles ou sociologiques… expliquer c’est déjà vouloir un peu excuser. » C’est triste de constater cette carence – venant d’un ancien premier ministre de la République  –, cette ignorance de l’objet des sciences sociales. En première année de licence on apprend que connaître les causes d’un phénomène sociétal, les comprendre, permet d’y apporter des solutions si besoin.

Cette mise à l’index d’une composante de la communauté nationale, cette islamophobie, doit être non seulement combattue, mais comme l’antisémitisme et le racisme, criminalisée (A. Lajnef)

Last but not least : Israël

Cette diatribe contre les musulmans, cette adhésion sans limites aux thèses de « l’État voyou » sont-elles nourries par des rancunes ou par des culpabilités personnelles, familiales, ou même nationales ? Car enfin l’objet des rédacteurs de ce manifeste n’est bien évidemment pas de combattre uniquement les extrémistes se réclamant de l’Islam, soyons sérieux, ou par un objectif inavouable ?

Ceux-là mêmes qui dénonceraient violemment toute référence à un « soi-disant lobby juif » (lorsqu’il est question de lobby israélien bien ancré chez une partie de l’élite) insistent dans ce texte sur « un vote musulman », mais je leur renvoie cette question « qu’est-ce que un vote musulman ? » (la « bassesse électorale » qu’ils évoquent n’est-elle pas un fantasme, le leur ?) Si tous les musulmans de France votaient comme un seul homme, cela se saurait, c’est tellement élémentaire.

Pour mieux appréhender ce « Manifeste de la honte » (Marwan Muhammad) il y a lieu, et c’est important, de s’arrêter devant quelques-uns des cairns indélébiles qui marquent la trajectoire de nombre de ses signataires. Qui sont-ils, d’où nous haranguent-ils, quelles positions occupent-ils ? La trajectoire, « la position dans le champ » médiatique, culturel et politique de ces hommes (et femmes) sont autant importantes que les seuls mots du Manifeste, ceux-ci ne se suffisant pas par eux seuls. Derrière les mots il y a tous les non-dits, il y a un parcours, une filiation, une position sur un échiquier et une association de connivences…

Le « Manifeste contre le nouvel antisémitisme en France » a été rédigé par Philippe Val donc. Soit. À ses côtés on trouve des journalistes influents (producteurs, membres de Conseils de surveillance…), très influents, des responsables politiques anciens et actuels, d’ex nouveaux philosophes décomplexés (« des philosophes de télévision » préciserait Monsieur Pierre Bourdieu qui avait entièrement dénudé, démasqué leurs dispositifs (leurs réseaux) dans toutes leurs ramifications déclarées ou non-dites, des hommes et des femmes de culture, des égarés, et nombre de chiens de garde et autres « prestidigitateurs ». D’autres enfin, en quête d’un ex-voto…

Ils ont tous en commun un attachement aveugle à l’État d’Israël :

  • Certains sont passés « du col Mao au Rotary ». Ils sont notoirement islamophobes. Islamophobe et botulien pour l’un d’eux qu’un célèbre avocat pénaliste qualifia de « vieille pompe à merde », une expression qu’il emprunta à René Magritte). Un autre est poursuivi  par le CCIF, la LDH, le MRAP et… le Ministère public pour incitation à la haine lors d’une émission d’Alain Finkielkraut (on tourne en rond, nous sommes dans une « circulation circulaire » chère à l’éminent sociologue)
  • Un autre anime une émission sur une chaîne publique depuis des décennies. Régulièrement, comme animé par une obsession, toujours la même, il met en joue les jeunes des quartiers populaires, immigrés ou Français, « noirs ou Arabes, avec une identité musulmane », accuse leurs parents, leur supposée croyance. Il constate assure-t-il leur impossible « assimilation » et ne supporte pas leur amour pour l’équipe de France que lui n’aime pas car « elle est black-black-black, ce qui fait ricaner toute l’Europe » (Haaretz/Israël).
  • Un autre est fils d’un antisémite déclaré. Un vrai, de ceux de la France des années 40, envahie, mais libérée – aussi – par des milliers de musulmans, africains, marocains, tunisiens, algériens, aujourd’hui enfouis auprès de leurs frères d’armes de toutes confessions, sous une simple épitaphe effacée par le temps, par les mémoires rancunières et par les identités malheureuses. Un bon fils de nazi, disais-je, qui admet que parfois son père « vocifère dans ma gorge, prend possession de mes cordes vocales.» Devrions-nous alors parler de filiation idéologique du père, réorientée ? devrions-nous relier, avec ou sans son consentement, l’idéologie du rejeton à celle de son père comme sont liés les fils de trame aux fils de chaîne ? Non évidemment. Mais que cherchent les auteurs de ce texte à vouloir faire des musulmans un bloc monolithe ?
  • On trouve également parmi les signataires un triste humoriste qui fait de l’Islam et des musulmans le grand combat de sa vie. Pour avoir abusivement limogé un journaliste au motif « d’antisémitisme » ce que récusa la justice, il fut, avec son journal, condamné. Cet individu (« en Israël je me sens chez moi… on est de la même famille, on s’aime ») a noué de vieilles amitiés duettistes qui font jusqu’en 1996 dans la « pédophilie type obnubilée par les enfants », l’un et l’autre à Charlie-hebdo. Doit-on juger l’un à l’aune du comportement du second, et vice-versa ? Certainement pas. Cela n’a rien avoir avec l’antisionisme, ni l’antisémitisme, ni « la racaille », je le sais, mais cela fait du bien de le rappeler.
  • Un autre, président de la Confédération des Juifs de France et des Amis d’Israël (CJFAI), a rencontré le 8 février 2017 dans un restaurant près de l’Assemblée nationale des membres du FN  et s’est félicité de cette « rupture avec un tabou… le FN n’est plus ce qu’il était »
  •  Un autre, chanteur rancunier et aigri, déclare en recevant « un diplôme » au nom de toutes les unités de l’armée sioniste : « je suis très ému. Depuis le début de ma vie je me suis donné corps et âme à l’Etat d’Israël et en premier lieu à Tsahal ».
  • Un autre, né à Oran, fait le panégyrique blanc sur blanc de cet État d’Israël sans honte, et dans lequel il exprime son dédain pour la lutte de libération des Algériens (in The Times of Israël, en mars dernier).
  • Etc. Etc.
  • D’autres enfin nous déçoivent beaucoup. Mais que fichtre viennent-ils faire dans cette indignité ?

Combien sont-ils dans cette liste à soutenir sans aucun état d’âme Israël, « le dernier État colonial » (Jacques Derrida), un État « bien installé sur l’axe du bien » ? Pourquoi ce Manifeste de Val n’en dit pas un seul mot ? Parce que semblent-ils dire parler du « conflit israélo-palestinien nourrit l’antisémitisme ». Ils répètent que l’antisémitisme se nourrit du conflit israélo-palestinien, mais signent un texte qui ne dit rien de la colonisation, des tueries, à peine y est-il ainsi évoqué « l’antisémitisme d’une partie de la gauche radicale qui a trouvé dans l’antisionisme l’alibi pour transformer les bourreaux en victimes » sans autre développement.  Pourtant il nous faut parler de ce « conflit », dénoncer cette colonisation israélienne.

Leur objectif, en sus de la stigmatisation des musulmans, est de substituer « le nouvel antisémitisme » à l’antisémitisme de souche, initial et pérenne, celui qui pourtant se revigore partout en Europe. Val, et cela dénude ses choix et positions, ne dit pas un mot dans son texte de la politique criminelle menée par l’État d’Israël («État-porte-parole des juifs du monde entier ») contre le Palestiniens depuis plus de 50 ans (huit mille morts, dix mille, qui sait, depuis 2000, combien depuis 1967 ?)

Cela n’a pas « rien à voir » avec la France car la politique de l’État d’Israël, véritable « régime d’apartheid qui opprime et domine le peuple palestinien dans son ensemble » (rapport de l’ONU, mars 2017), cette politique israélienne (combinée aux éditoriaux de nombreux médias français en général plutôt « tolérants » à son égard) alimente l’antisémitisme en France plus que tout. C’est une évidence. Les colonisations, les dépossessions, et les crimes de l’armée israélienne (il faut, selon ces médias, dire « Tsahal » comme l’état-major hébreu), le CRIF les justifie, au nom de tous les juifs français et leurs institutions. Parions qu’il n’en souffle mot lors des dîners annuels où se bouscule toute la nomenclature parisienne.

Alors oui je ne peux qu’être antisioniste et combattre parallèlement l’antisémitisme et tous les racismes, n’en déplaise à Elisabeth Badinter – une autre signataire (« l’antisionisme, assure-t-elle, est une façon de libérer la parole antisémite »). Mon opinion antisioniste, exprimée en France, relève de la hardiesse madame, une gageure.

Alors, comment ne pas, forcément, convoquer la question initiale, m’interroger sur les véritables commanditaires de cette charge, comment ne pas poser cette interrogation ? : et si  Udo Ulfkotte disait vrai ? (lire son essai Der Krieg im Dunkeln, La guerre de l’Ombre ») et si, comme ils auraient procédé notamment durant les révoltes des banlieues de 2005, certains services israéliens de la Metsada sollicitaient de nouveau « leurs amis français », leurs soutiens indéfectibles parmi les hommes politiques, médiatiques, intellectuels influents, très influents, les sayanim … pour, à partir d’une cruelle et dramatique réalité, tenter de salir et faire haïr par le reste des concitoyens, tous les musulmans de France et tous les français musulmans, cette nouvelle « anti-France » quoi. Une interrogation que j’ai longuement développée dans mon dernier roman « LE CHOC DES OMBRES ». (1) Mais aujourd’hui, hic et nunc, il s’agit de notre réalité, pas de roman.

Ahmed HANIFI,

Auteur.

Marseille, 1° mai 2018

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(1) Un exemplaire a été envoyé le 10 janvier dernier à Médiapart, Rubrique Culture, 8 passage Brulon, 75012 Paris…

(2): Le « Manifeste de Philippe Val est à lire ici.

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