Jenin, Jenin…. Palestine oubliée

(vous pouvez visionner le film – en 2 parties – ici sur cette page. cf plus bas)

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Une pétition circule pour dénoncer la censure israélienne contre le film « Jenin, Jenin » du Palestinien Mohamed BAKRI

Levez l’interdiction du film « Jenin, Jenin » de Mohammed Bakri !

20 janvier 2021

Membres de la communauté mondiale du cinéma, nous dénonçons la décision d’un tribunal israélien d’interdire toute projection ou diffusion du film documentaire “Jenin, Jenin”, et nous exprimons notre solidarité avec son auteur, notre collègue Mohammed Bakri, éminent réalisateur et acteur palestinien. En défense de la liberté d’expression, nous vous demandons de vous associer à notre appel à lever cette interdiction révoltante. 

C’est avec consternation et indignation que nous avons appris la décision du tribunal d’instance de la ville de Lod d’interdire toute projection ou diffusion du film documentaire “Jenin, Jenin”, tourné en 2002 par Mohammed Bakri, réalisateur et acteur palestinien renommé.

Dans sa décision scandaleuse, le tribunal affirme que certaines allégations du film – qui décrit des évènements ayant eu lieu dans le camp de réfugiés palestiniens de Jénine au long d’une période de deux semaines en avril 2002 – sont fausses. Outre qu’il interdit toute projection du film en Israël, le tribunal rend une ordonnance de confiscation de 24 copies du film et ordonne au réalisateur du film de payer 175 000 shekels (55 000 dollars étasuniens) de dommages et intérêts à un officier israélien qui apparaît dans le film, ainsi que 50 000 shekels (15 500 dollars étasuniens) de frais de justice.

Mohammed Bakri, qui n’a cessé depuis 17 ans d’être harcelé et persécuté par le gouvernement israélien, montre de façon documentaire, sans commentaire, sans voix off, les suites de la destruction brutale du camp de réfugiés de Jénine commise par l’armée israélienne en 2002. Il dédie le film à son producteur Lyad Samoudi, tué par des soldats israéliens dans le gouvernorat de Jénine peu après la fin du tournage. 

Nous demandons instamment à la communauté mondiale, et en particulier à la famille globale du cinéma, de s’associer à nous pour dénoncer cette tentative flagrante de censure. Les autorités israéliennes responsables, y compris le ministre de la Culture, doivent répondre de cet acte.

La subjectivité est un aspect essentiel de l’expression artistique et cinématographique. Nous demandons donc à nos collègues et camarades de s’associer à nous pour dénoncer les allégations portées contre Bakri et les efforts des autorités israéliennes pour compromettre la liberté d’expression et la liberté artistique des cinéastes et des artistes palestiniens. 

Nous exigeons enfin l’annulation de la décision inacceptable du tribunal israélien, qui menace le droit fondamental des cinéastes et des artistes à exprimer librement leur point de vue.

Rejoignez Ken Loach, Aki Kaurismaki, Mike Leigh, Alia Shawkat, Liam Cunningham, Vanessa Redgrave, Hany Aby Assad, Mai Masri, Michel Khleifi, AnneMarie Jacir,  Eyal Sivan, Robyn Slovo, Asif Kapadia, Rasha Salti, Raed Andoni, May Odeh, Ali Suliman, Orwa Nyrabia, Christoph Terhechte, Henrique Goldman, Paul Laverty, Rebecca O’Brien, Ola Alsheikh, David Riker, Asia Kapadia, Brian Eno, Miriam Margolyes, Sawsan Asfari…

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+ Ahmed Hanifi         ahmedhanifi@gmail.com

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CE QUE DIT CETTE MAGNIFIQUE ADOLESCENTE EST TRÈS ÉMOUVANT

ET INCITE À L’ESPOIR POUR LE PEUPLE PALESTINIEN

TRADUCTION EN FRANÇAIS

« Ils ne réalisent pas ce qu’ils font, combattre l’ennemi, cela ne veut pas dire que je suis cruelle. Je défends ma patrie. Je défends mon camp. Nous ne ferons jamais la paix avec eux. Même si notre président la fait. Je ne ferai jamais la paix avec eux. C’est vrai que je suis une bonne personne, mais les juifs sont odieux. Ils nous ont envahis. Nous défendons notre terre. S’ils capturent votre fils, ne feriez-vous rien pour le récupérer? Nous ressentons donc la même chose pour notre terre. Notre terre signifie tout pour nous. Comme nous le disions, nos femmes existent toujours. Nous continuerons d’avoir des enfants. Ils deviendront plus forts et plus courageux que jamais. Je n’ai pas peur de ces lâches. Ils sont comme des souris. Malgré leurs grandes armes. Ils se cachent toujours derrière leurs chars, effrayés par les civils comme nous. Leur lâcheté est légendaire. Nous n’avons pas peur d’eux quoi qu’ils fassent. Leurs bombes sont tombées sur nous comme de l’eau car ce sont des perdants et des lâches…

Quand j’ai appris que Sharon venait au camp, j’étais tellement en colère que j’ai éclaté en sanglots. Parce que j’avais un grand désir de me venger de lui, de le torturer pour ainsi dire.

– Croyez-vous que vous pouvez vaincre Sharon?

Oui je peux, pourquoi pas?

– Il est plus fort que vous, comment pourriez-vous le faire?

Je suis plus forte que lui, grâce à ma volonté. Je peux le vaincre grâce à ma volonté. Parce que je défends ma nation, parce qu’il a tué des innocents que je connaissais très bien. Je peux le vaincre parce qu’il a dispersé notre peuple. Il a détruit chaque coin du camp sans épargner une seule maison. »

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TRADUCTION EN ANGLAIS

They don’t realize what they’re doing, fighting the enemy, this doesn’t mean that I am cruel. I defend my motherland. I defend my camp. We will never make peace with them. Even if our President does so. I will never make peace with them. It’s true that I’m a good person but Jews are hateful. They invaded us. We are defending our land. If they capture your son, wouldn’t you do anything to get him back? So we feel the same for our land. Our land means everything to us. As we used to say, our women still exist. We’ll keep on having children. They’ll become stronger and braver than ever. I’m not afraid of these cowards. They’re like mice. Despite their great weapons. They still hide behind their tanks, afraid of civilians like us. Their cowardice is legendary. We are not afraid of them no matter what they do. Their bombs came down on us like water because they’re losers and cowards…

When I heard that Sharon was coming to the camp, I was so angry that I burst, into tears. Because I had a great desire to take revenge on him, to torture him so to speak. 

_ Do you beleave you can defeat Sharon?

Yes I can, why not?

_ He’s stronger than you, how would you be able to?

I’m stronger than him, thanks to my will. I can defeat him thanks to my will. Because I’m defending my nation, because he murdered innocent people whom I knew very well. I can defeat him because he has dispersed our people. He destroyed each corner in the camp without sparing one single house.

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1° PARTIE

CLIQUER ICI POUR VOIR LA PARTIE 1 DU FILM

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2° PARTIE

CLIQUER ICI POUR VOIR LA PARTIE 2 DE « JENIN, JENIN »

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ARTICLES

Dix-huit ans après sa sortie, la justice israélienne décide d’interdire le documentaire Jenin, Jenin 

13 janvier 2021

Situé au nord de la Cisjordanie occupée, le camp de réfugiés palestiniens de Jénine a été le théâtre de graves violences du 3 au 11 avril 2002. 52 Palestiniens et 23 soldats israéliens ont été tués lors de l’opération « Rempart » lancée par Tsahal après une série d’attentats commis en Israël dont celui du 27 mars 2002 à l’hôtel Park de Netanya.

Le documentaire Jenin, Jenin (Mohammed Bakri, 2002), qui raconte cette histoire tragique, a été jugé « biaisé » par la justice israélienne le 12 janvier 2021, laquelle a décidé de l’interdire – en exigeant même la remise des copies – et de condamner pour diffamation son réalisateur à payer 175 000 shekels (environ 43 000 euros) au lieutenant-colonel Nissim Magnagi que l’on peut identifier dans le film de 54 minutes.

Le réalisateur a qualifié ce jugement « d’injuste », précisant à l’AFP qu’il allait faire appel. Pour Hussein Abou Hussein, son avocat, « il s’agit d’une décision politique » qui a pour finalité de « faire taire toute voix qui diffère de la position officielle ». Selon le ministre palestinien de la Culture, Atef Abou Seif, « les autorités militaires israéliennes ont peur de voir les faits qui exposent leur brutalité et la souffrance des Palestiniens ». Pour sa part, le chef d’état-major de l’armée israélienne, Aviv Kochavi, a salué « un soutien clair et net adressé aux combattants de l’armée ».

Notons que des réservistes avaient déjà porté plainte en 2008 pour diffamation, des plaintes alors rejetées par la justice qui a toutefois considéré que le réalisateur avait fait preuve de « mauvaise foi », lui reprochant notamment de ne pas avoir présenté la version de l’armée pour contrebalancer les témoignages des habitants du camp de réfugiés.

Rappelons enfin la polémique soulevée en France en 2003 après qu’Arte a annulé la diffusion du documentaire initialement programmée sur la chaîne publique le 1er avril à 21h40 dans la soirée Thema, « Dialogues israélo-palestiniens » en raison « de la situation internationale » et pour « ne pas accroître les tensions entre les communautés ». Des cinéastes israéliens et palestiniens avaient alors adressé une lettre ouverte à Jérôme Clément, président d’Arte :

« Les cinéastes israéliens et palestiniens participants actuellement, à Paris, au Festival « Israéliens – Palestiniens, que peut le cinéma ? », ont appris avec stupéfaction votre décision de déprogrammer le film Jenine, Jenine, du réalisateur palestinien Mohamad Bakri, annoncé dans le cadre de la soirée thématique du mardi 1er avril « Dialogues israélo-palestiniens », l’ennemi à mes côtés. Nous protestons vigoureusement contre cet acte de censure, probablement dû à des pressions politiques exercées par des éléments extérieurs à la direction d’Arte. En cédant à ces pressions, Arte emboîte malheureusement le pas à la censure officielle exercée en Israël contre ce film. Tous les films, fictions ou documentaires, sont des représentations de la société dans laquelle nous vivons. Avec nous, Arte se doit de partager et de discuter les différentes versions qui existent de cette même réalité, plutôt que de les interdire ou de réduire leurs auteurs au silence. Nous tenons à vous faire savoir que la réalisatrice Yulie Gerstel et le réalisateur Nitzan Giladi, auteurs des films israéliens programmés dans le cadre de cette même soirée thématique, nous ont demandé de joindre leurs noms à cette protestation. »

www-darkness-fanzine-over-blog-com-2021-01

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« Jenine, Jénine » : laissez-vous censurer par Arte

Par Germinal Pinalie, lundi 7 avril 2003

Autocensure : Arte en repasse une couche sur « Jénine, Jénine », film déprogrammé par la chaîne.

Le magazine Metropolis diffusé par Arte ce samedi 5 avril 2003 comportait un reportage sur le film « Jénine, Jénine » de Mohammed Bakri, réalisé à Tel Aviv par une équipe allemande semble-t-il (le magazine en question est réalisé alternativement par les rédactions parisienne et allemande de la chaîne je crois). Ce reportage se terminait sur ce commentaire :

« Comme documentaire, c’est à dire comme représentation de la réalité, le film de Bakri n’est pas crédible. Mais en le censurant, les autorités israéliennes se dont mis une partie de l’opinion publique à dos, et en ont fait un film culte, ce qu’il ne serait jamais devenu sans cela. » 

À aucun moment ce reportage ne faisait allusion au fait que le film en question a été déprogrammé par la direction d’Arte [lire plus bas « Arte déprogramme un documentaire sur Jénine »] suite à des protestations émises par des groupes pro-israéliens, parmi lesquels la LICRA, arguant justement du fait que le film avait été censuré en Israël. Le reportage d’Arte ne parle que de cette censure, mais pas de l’autocensure d’Arte. Il ne donne comme élément de compréhension distancié que le rapide décryptage par un correspondant de chaînes étasuniennes d’images utilisées par Bakri, en plus d’une interview du cinéaste, de celles d’un censeur israélien et d’un soldat qui a demandé cette censure, accompagné de son avocat. En dehors du cinéaste lui-même, tous les témoignages sont « contre », y compris donc le correspondant en question qui arrive à retourner les images du dynamitage d’un immeuble de Jénine en opération militaire légitime.

Ce reportage est scandaleux, d’abord pour ce qu’il montre, à savoir qu’Arte met en scène l’info comme tout le monde, et pour ce qu’il cache, à savoir qu’Arte ne parle pas de son autocensure dans un reportage sur la censure… 

Non seulement nous n’aurons pas pu voir ce film, mais en plus ils auront craché dessus… « Lassen sie sich von Arte überaschen », qu’ils disaient…

Germinal Pinalie

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Arte déprogramme un documentaire sur Jénine

mercredi 2 avril 2003

« Arte a déprogrammé le documentaire « Jénine, Jénine » qui devait être diffusé mardi 1er avril à 21H40 dans une soirée Thema, « Dialogues israélo-palestiniens », en raison « de la situation internationale » et pour « ne pas accroître les tensions entre les communautés ».

« Jénine, Jénine » est un documentaire réalisé par Mohammed Bakri, Arabe israélien, sur les violences dans le camp de Jénine au printemps 2002, qui ont fait une cinquantaine de morts [Chiffre contesté (note d’Acrimed)].

[…] La diffusion de ce documentaire, précise ARTE dans un communiqué, sera reportée à une date ultérieure et accompagnée d’un débat. »

WWW_acrimed-org

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