Acrostiche pour un Caillou

à M.

Bonne route et peu importe les cyclones sur les Loyauté, l’humeur des gens des îles, d’ici. On est saisi par la coquetterie des voitures qui narguent à toute vitesse, mais de là haut, les trois commandants de bord n’en ont cure, à chacun son allure.  Noir est mon temps intime, nébuleux celui de la météo. Nouer alliance avec Bourail et l’île des Pins, aux antipodes de nos paisibles calanques, n’est-ce pas nickel ? Enjamber un demi cercle de dix-sept mille cent quinze kilomètres ce n’est pas banal et c’est contrarier cette stupide expression « que le monde est petit ». Renifler, se torturer l’esprit ou liquéfier les larmes qui montent à quoi bon ? On objecte « C’est comme ça » et j’affirme que chacun a droit à son zénith rêvé, nos amis, nos enfants et tous les autres, chacun a droit à son propre Caillou, sa propre utopie, même si parfois ils nous obligent au déchirement, joues humectées. Utopies. Tirer vers soi les lignes d’horizon, cette perspective espérée. Évincer, s’envelopper d’une voile azurée. Maintenir le cap jusqu’à Port Moselle, au bout du rêve. Et jeter l’ancre. Hamdou Allah. Donnez-moi le change, dites ici ce que bon vous semble. « Inventer un monde meilleur », par exemple, mais vous vous fichez peut-être de ces obscures lignes comme de votre dernière embrouille ou de votre première chaussette, et je vous comprends.

Marignane, 19 octobre 2017

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