Kaouther Adimi, « Les petits de Décembre »

À Radio M. Kaouther Adimi parle de son dernier roman « Les petits de Décembre »

On peut lire ceci sur le site de Radio M. « Invitée de « Accès libre », l’écrivaine Kaouther Adimi a évoqué avec son hôte la littérature, son dernier roman, ses écrits ceux des auteurs algériens, le Hirak, la démocratie et même la polémique suscitée par les derniers écrits de l’écrivain-journaliste Kamel Daoud. Kaouther Adimi revient dans cet entretien aussi sur son dernier roman « Les petits de décembre », paru aux éditions Barzakh à Alger. Une histoire de révolte d’enfants contre des généraux à Dely Brahim à Alger. une histoire d’un terrain vague objet de discorde entre…deux générations! . Une satire féroce sur l’Algérie d’aujourd’hui. » Kaouther Adimi est interviewée par Fayçal Mataoui, le samedi 01 février 2020.

On apprend beaucoup sur le roman, l’Algérie, la vie privée de l’auteure, la société… mais le contenu littéraire du roman, son articulation, l’élaboration du style… n’ont pas ou peu été développés.

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« C’est un terrain vague, au milieu d’un lotissement de maisons pour l’essentiel réservées à des militaires. Au fil des ans, les enfants du quartier en ont fait leur fief. Ils y jouent au football, la tête pleine de leurs rêves de gloire. Nous sommes en 2016, à Dely Brahim, une petite commune de l’ouest d’Alger, dans la cité dite du 11-Décembre. La vie est harmonieuse, malgré les jours de pluie qui transforment le terrain en surface boueuse, à peine praticable. Mais tout se dérègle quand deux généraux débarquent un matin, plans de construction à la main. Ils veulent venir s’installer là, dans de belles villas déjà dessinées. La parcelle leur appartient. C’est du moins ce que disent des papiers « officiels ».

Avec l’innocence de leurs convictions et la certitude de leurs droits, les enfants s’en prennent directement aux deux généraux, qu’ils molestent. Bientôt, une résistance s’organise, menée par Inès, Jamyl et Mahdi.

Au contraire des parents, craintifs et résignés, cette jeunesse s’insurge et refuse de plier. La tension monte, et la machine du régime se grippe.

A travers l’histoire d’un terrain vague, Kaouther Adimi explore la société algérienne d’aujourd’hui, avec ses duperies, sa corruption, ses abus de pouvoir, mais aussi ses espérances. »

256 pages – 18€

Kaouther Adimi

Née en 1986 à Alger, Kaouther Adimi vit désormais à Paris. Après deux premiers livres, L’Envers des autres (prix de la Vocation 2011) et Des pierres dans ma poche, elle connaît un important succès avec Nos richesses (Prix Renaudot des lycéens), paru au Seuil en 2017, évocation du légendaire libraire et éditeur Edmond Charlot.

In : rentrée-seuil.com

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Liberté, Rubrique culturelle – le 05-09-2019

Première liste du Prix Renaudot 2019

Kaouther Adimi sélectionnée pour “Les petits de décembre”

Après le prix Renaudot des lycéens en 2017 pour  Nos richesses, l’écrivaine prolifique Kaouther Adimi vient d’être sélectionnée dans la liste du prix Renaudot 2019 pour son roman Les petits de décembre. 

Paru en France aux éditions du Seuil le 14 août dernier, les éditions Barzakh ont annoncé sur leur page Facebook, qu’il sera disponible en librairie en Algérie à partir du samedi 14 septembre. Les petits de décembre, plonge le lecteur en février 2016, dans la cité du 11-Décembre, (Dely Ibrahim, Alger). “Tout commence par un affrontement entre deux généraux et une poignée de gamins sur un terrain vague : les premiers le convoitent pour y construire leur villa, les seconds le défendent parce que c’est leur terrain de foot, le territoire de leur liberté. En quelques semaines, un bras de fer s’installe, qui culminera dans la révolte dite ‘des petits de Décembre’”. 

Dans le communiqué de la maison d’édition, il est mentionné que “dans un style vif et alerte, flirtant parfois avec le burlesque, Kaouther Adimi fait défiler une savoureuse galerie de personnages : Inès, Jamyl et Mahdi, pré-adolescents intrépides ; Adila la très moderne ancienne moudjahida ; les généraux Athmane et Saïd, ivres de leur impunité ; mais aussi la fameuse ‘folle aux cheveux rouges’, fascinante Pythie de la cité…”. 
“En plus d’être une satire féroce, explorant efficacement l’histoire de l’Algérie contemporaine, ce roman est une réflexion douce-amère sur l’impossible dialogue entre générations, et le saccage, par les adultes, des rêves de l’enfance. Un texte hommage à l’innocence perdue”. Née en 1986 à Alger, Kaouther Adimi a suivi des études de littérature. Elle vit et travaille à Paris. Elle est l’auteure de quatre romans publiés en Algérie (éditions Barzakh), et en France (Seuil et Actes Sud).

 À noter qu’outre la sélection dans la liste du Renaudot,  l’écrivaine est finaliste du Prix de la littérature arabe décerné par l’Institut du monde arabe et par la Fondation Jean-Luc Lagardère.

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« Les petits de Décembre » roman de K. Adimi

Plus de cinquante ans après l´indépendance de l´Algérie, la jeune écrivaine algérienne Kaouther Adimi explore dans son roman Les petits de Décembre, à travers l´histoire d´un terrain vague, la société de son pays avec ses duperies, sa corruption, ses abus de pouvoir, mais aussi ses espérances.

La littérature algérienne d´expression française ne cesse de nous étonner en enfantant toujours de nouveaux talents. Un des noms qui nous ont le plus impressionnés ces derniers temps est celui de Kaouther Adimi. Née en 1986 à Alger, elle a passé une partie de son enfance à Grenoble, en France, avant de regagner en 1994 son pays natal qui vivait à l´époque sous l´emprise du terrorisme. Diplômée en lettres modernes et en management de ressources humaines, elle a fini par rentrer en France où elle vit toujours. En 2011, elle a publié aux éditions Actes Sud un premier roman fort remarqué L´Envers des autres qui s´est vu couronner du prix de la Vocation. Ce roman avait déjà paru en 2010 en Algérie chez Barzakh sous le titre Des ballerines de papicha. Petit à petit, elle s´est affirmée comme une des jeunes écrivaines les plus prometteuses de sa génération. En 2017, elle a gravi un échelon supplémentaire dans sa carrière en publiant le très beau roman Nos richesses, aux éditions du Seuil, un opus qui a reçu le Prix Renaudot des Lycéens. Le point de départ est la librairie Les Vraies Richesses, inaugurée à Alger en 1935 par Edmond Charlot, en prenant exemple sur la librairie parisienne d´Adrienne Monnier. Placée sous l´égide de Jean Giono, la nouvelle librairie et petite maison d´édition algéroise se faisait fort de promouvoir de jeunes écrivains de la Méditerranée. Aussi a-t-elle publié, pour inaugurer son catalogue, le premier texte de celui qui n´était alors qu´un parfait inconnu et qui répondait au nom d´Albert Camus…

Algérie: l’espoir fait vivre.

Lors de cette rentrée d´été 2019, Kaouther Adimi revient, toujours aux éditions du Seuil,  avec un nouveau roman tout aussi puissant : Les Petits de Décembre. L´histoire se déroule en 2016 à Dely Brahim, une petite commune de l´ouest d´Alger, dans la cité dite du 11-Décembre. Des enfants y jouent au ballon dans un terrain qui devient une surface boueuse les jours de pluie, mais qui malgré tout fait leur bonheur. Dans ce quartier vivent entre autres des militaires à la retraite ou des gens comme Adila, une petite femme aux cheveux bruns très courts qui, pendant la guerre d´Algérie, avait combattu les Français les armes à la main et qui a continué à militer pendant les années de terrorisme.  

La vie harmonieuse de la commune bascule le matin où deux généraux, plans de construction à la main, y débarquent pour venir s´installer dans de belles villas déjà dessinées. La réaction des habitants du quartier est particulièrement vigoureuse surtout de la part de jeunes comme Inès -fille de Yasmine et petite-fille d´Adila- Jamyl et Mahdi qui s´en prennent directement aux deux généraux et qui vont mener par la suite la résistance, pour ainsi dire, aux prétentions des deux militaires.  

Les deux généraux n´acceptent pas, cela va sans dire, de se faire humilier par des enfants et ne veulent nullement que les choses en restent là, leur réputation et leur pouvoir ne pouvant pas être mis en cause. Le général Saïd a étudié en Russie et fut un des instigateurs de la purge dans l´ armée dans les années quatre-vingt-dix : «Il a lutté avec acharnement contre toute forme d´islamisme, veilla à ce que les étudiants qui portaient une barbe soient suivis, mis sur écoute et convoqués pour être durement interrogés. Il ne douta jamais du bien-fondé de la mission qui lui avait été confiée par sa hiérarchie : anéantir les mouvements islamistes du pays». Ses trois enfants vivent en France grâce à des bourses octroyées par l´État. On raconte qu´il a des parts dans plusieurs entreprises, qu´il est incontournable pour tout ce qui touche au business du pays et que les proches du ministre et des présidents sont tous liés à lui d´une manière ou d´une autre. Il a pourtant une maladie qui le ronge : un cancer qui l´oblige à prendre sa retraite. Il s´est lié d´amitié dans les années quatre-vingt avec Athmane, l´autre général, qui possède plusieurs propriétés à l´extérieur, qui consulte les services d´une  voyante et qui fut recruté par le service juridique de l´armée grâce à un faux diplôme de droit, alors qu´il n´avait pas fini les études qu´il avait commencées à Londres.

Ces deux généraux sont certes deux personnages importants de l´intrigue, mais ils sont avant tout le symbole de la corruption, de l´affairisme, de la vénalité du pouvoir en Algérie. Ils veulent donner une leçon exemplaire aux jeunes de la cité du 11-Décembre, mais, en même temps, ils prennent des risques puisque à l´époque des réseaux sociaux la mobilisation des jeunes est énorme et le pouvoir n´est pas en mesure de se mettre à dos des pans entiers de la société algérienne.

Ce roman étale aussi au grand jour l´hypocrisie des gens qui applaudissent théoriquement des mesures sociales progressistes, mais qui, par contre, ne perdent pas l´occasion de tirer à boulets rouges sur ceux ou celles qui dérogent aux principes de la décence et des bonnes mœurs, comme les femmes divorcées qui ne sont pas vues d´un bon œil, surtout lorsqu´elles s´habillent trop à la mode occidentale.

Kaouther Adimi raconte d´une plume élégante les heurs et malheurs du peuple  algérien qui, malgré les manigances, la corruption et l´arrogance du pouvoir, nourrit l´espoir en un avenir plus équitable. Un peuple qui, au nom de la justice, n´a pas peur de lutter pour ses idéaux.

Par Fernando Couto e Santos – le 05/12/2019

In : lepetitjournal.com/Lisbonne

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Extrait…

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J’avais rencontré Kaouther Adimi le 30 octobre 2016 au Salon du livre d’Alger, lors d’une émission de radio. CLIQUER ICI pour la visite :

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Un peu plus…

Wikipédia : Kaouther Adimi naît à Alger, où elle vit jusqu’à l’âge de quatre ans, avant que sa famille ne s’établisse à Grenoble pour quatre ans. Durant cette période elle découvre le plaisir de la lecture avec son père, qui l’emmène chaque semaine à la bibliothèque municipale1.

En 1994, elle rentre en Algérie, qui vit alors sous l’emprise du terrorisme. N’ayant que très peu d’opportunités de lire, elle commence à écrire ses propres histoires1.

Alors qu’elle étudie à la faculté d’Alger, elle voit une affiche de l’Institut français qui organise un concours de jeunes écrivains à Muret, en Haute-Garonne. La nouvelle qu’elle soumet retient l’attention du jury, qui la publie dans un recueil contenant les nouvelles des lauréats. Grâce à ce concours, elle est invitée à Muret, à Toulouse, puis à Paris, où elle rencontre les éditions Barzakh1.

Elle est diplômée en lettres modernes et en management des ressources humaines.

C’est en 2009 qu’elle écrit son premier roman, L’envers des autres. La même année, elle quitte à nouveau Alger, pour s’installer à Paris1.

Oeuvres:

  • L’Envers des autres2, son premier roman publié en mai 2011 aux éditions Actes Sud, auparavant édité en Algérie par les éditions Barzakh sous le titre Des ballerines de papicha en juin 2010, a obtenu le prix littéraire de la Vocation en 20113.
  • Des pierres dans ma poche, roman, éditions du Seuil, 2016 (publication Barzakh en novembre 2015).
  • Le Sixième Œuf, nouvelle sombre, a été publiée dans le recueil collectif Alger, la nuit aux éditions Barzakh en décembre 2011.
  • Le Chuchotement des anges, sa première nouvelle, a été publiée dans le recueil collectif Ne rien faire et autres nouvelles aux éditions Buchet/Chastel en mars 2007.
  • Nos richesses, roman, éditions du Seuil, 20174.
  • Les petits de Décembre, roman, éditions du Seuil, Paris, 2019, 252 pages, (ISBN 978.2.0214.3080.6)
  • Prix et distinctions
  • Prix littéraire de la vocation, en 2011 pour L’Envers des autres3.
  • Prix du roman de la fondation France-Algérie, en 20155.
  • Prix du FELIV (Festival international de la littérature et du livre de jeunesse d’Alger) en 2008.
  • Prix du jeune écrivain de langue française, en 2006 et 6e en 2008 pour Pied de vierge6.
  • Nos richesses
    • Prix Renaudot des lycéens 2017 pour Nos richesses7.
    • Prix du Style 2017 pour Nos richesses.
    • Prix Beur FM Méditerranée 2018 pour Nos richesses.
    • Choix Goncourt de l’Italie 2018 pour Nos richesses.
    • Mention Spéciale Prix littéraire Giuseppe Primoli 2018 pour Nos richesses.

Notes et références:

 1_ abc et d « Nos richesses » : Kaouther Adimi, l’étrangère [archive], Jeune Afrique, 15 septembre 2017

  2_ « L’Envers des autres/ actes Sud » [archive], sur www.actes-sud.fr (consulté le 21 septembre 2017)

  3_ a et b Emmanuelle Caminade, « L’Envers des autres , Kaouther Adimi » [archive], sur www.lacauselitteraire.fr (consulté le 21 septembre 2017)

  4_ « Nos richesses, le nouveau roman de Kaouther Adimi » [archive], sur Al Huffington Post (consulté le 21 septembre 2017)

  5_ Le Soir d’Algérie, « http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2017/09/17/article.php?sid=1968&cid=16 » [archive], sur www.lesoirdalgerie.com (consulté le 21 septembre 2017)

6_   ‘La Dépêche du Midi, Muret. On connaît les lauréats du Prix du jeune Écrivain [archive], consultée le 12 mai 2012.

 7_ Le Prix Renaudot des Lycéens est attribué à Kaouther Adimi pour Nos richesses (Seuil) [archive], consulté le 14 novembre 2017.

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