Entre crise, révolution et élection…

Entre crise, révolution et élection… Comment raconter l’Algérie d’aujourd’hui ?

France Culture, vendredi 13 décembre 2019

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LA GRANDE TABLE IDÉES par Olivia Gesbert –  Du lundi au vendredi de 12h55 à 13h30

Entre crise, révolution et élection… Comment raconter l’Algérie d’aujourd’hui ?

« L’Algérie après Bouteflika… Abstention record pour le premier tour de la présidentielle qui se tenait ce jeudi 12 décembre en Algérie. L’historien Benjamin Stora nous en parle aujourd’hui.

Alors que se tenaient hier, jeudi 12 décembre, les élections présidentielles en Algérie pour donner un successeur à Abdelaziz Bouteflika, déchu de son pouvoir à la suite des rassemblements de février 2019, le taux d’abstention battait des records, preuve que la contestation ne s’est pas arrêtée là. Le Hirak, mouvement à l’origine de cette opposition, et une très large partie de la population algérienne, s’opposaient à la tenue de cette présidentielle qui a vu élire Abdelmadjid Tebboune, ancien Premier ministre de Bouteflika ; un scrutin qu’ils accusent de prolonger le « système » qui perdurait sous Bouteflika. La contestation s’oppose aujourd’hui au général Gaïd Salah, lequel était bien décidé à ce que ces élections aient lieu. 

« Abdelmadjid Tebboune a plutôt une stature relative à la haute administration, ce qui ne l’empêche pas d’être dans une proximité avec les décideurs politiques. La question est : quel sera son degré d’autonomie de décision possible? (Benjamin Stora) »

Pour en parler, Benjamin Stora, qui enseigne l’histoire du Maghreb contemporain (XIXe et XXe siècles), les guerres de décolonisation et l’histoire de l’immigration maghrébine en Europe à l’Université Paris 13 et à l’INALCO. Depuis 2014, il est également président du conseil d’orientation du Musée national d’histoire de l’immigration, sur le point de connaître une refonte plus ou moins discutée de sa collection permanente. Celle-ci survient à la suite d’un rapport publié par un comité scientifique pluridisciplinaire présidé par Patrick Boucheron, professeur au Collège de France. 

« Le désir d’une grande majorité de la jeunesse est qu’on soit dans une reconnaissance des compétences, des diplômes et des compétences universitaires ». (Benjamin Stora)

« Dans tous les processus révolutionnaires, des hommes entièrement nouveaux qui surgissent de nulle part, ça n’existe pas. Il peut surgir des hommes du passé. Il ne faut jamais jurer de l’avenir. » (Benjamin Stora)

Pour ce musée « mal né », selon les mots de Patrick Boucheron, et qui, dès son ouverture sans inauguration en 2007, connaît un manque de reconnaissance de la part de la puissance publique, il s’agit, écrit ce comité, de restituer « la place centrale de l’immigration dans l’histoire intérieure française » en valorisant les récits face aux seules données statistiques et en prenant le parti d’une « histoire au présent« . En outre, le pavillon de l’Exposition coloniale de 1931 qui sert de bâtiment au musée doit être réemployé, non plus comme trace d’un passé difficile, mais comme atout dont l’origine sera détaillée pour permettre de le comprendre et de le regarder différemment.

A noter que Benjamin Stora publie Retour d’histoire – L’Algérie après Bouteflika chez Bayard le 29 janvier 2019.

« Il faut toujours être optimiste quand on a un processus démocratique en cours ; […] un processus à relier au reste du monde, à une sorte de soulèvent de la jeunesse… […] Un conflit de génération entre ceux qui veulent maintenir un système tel qu’il est et ceux qui veulent changer le monde. […] La jeunesse algérienne ne lâchera pas sur la question de la liberté. » (Benjamin Stora)« 

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