Élections en Algérie et commentaires, analyses…

C

  • LAHOUARI ADDI
  • C’est une analyse intéressante qui devrait servir de base à un débat large sur le hirak. Je ne comprends pas cependant pourquoi l’auteur, Said, parle de deux termes de l’alternative; la contestation et la participation. Le hirak est une contestation pour permettre la participation. Or le pouvoir n’a permis aucune participation, même minime. Le courant de la société qui se reconnaît dans Bengrina est autorisé à participer aux élections mais des courants qui se reconnaissent dans d’autres personnalités n’ont pas été autorisés à participer à la vie institutionnelle. Ce n’est pas le hirak qui été exigeant, c’est le régime qui n’accepte aucune ouverture. Tewfik et Nezzar ont convaincu les généraux et les chefs de service de sécurité qu’une ouverture minimale enverrait une grande partie d’officiers en prison en raison de ce qui s’est passé ans les années 1990. Les dépassements des années 1990 ont solidifié la solidarité de corps des officiers et aussi des magistrats. Mais le régime est sérieusement ébranlé et ne s’appuie que sur les services e sécurité. Il n’a plus de discours politique qui le légitime. Le hirak va refluer parce qu’il ne veut pas une confrontation violente avec les forces de sécurité. Désormais, à l’intérieur et à l’extérieur, le régime ne peut plus cacher son autoritarisme et son déficit de légitimité.

  • Saïd Aït Ali Slimane
  • Pour la clarté du « débat large » qui arrive à maturité, il est dit ceci: « Mais participer ou contester, manifester ou pétitionner en vue de quoi ? C’est la question préalable aux formes d’action qu’il ne faut pas éluder. » Par conséquent, l’alternative est en amont. Elle est résumée dans le passage suivant: » Il faut quitter le mot d’ordre général et abstrait de « changement de système » pour les mots d’ordre concrets favorisant l’action et dont l’avancée pratique fonde la construction graduelle de l’État de droit. » et  » Il est possible de concilier le mouvement autonome de la société civile avec l’action parlementaire ou gouvernementale pour la modification des lois qui entravent les libertés des citoyens. Tout doit converger vers plus de libertés, plus d’initiatives et plus de coexistence entre les Algériennes et les Algériens. Tous les résultats de ces luttes multiformes commenceront à dessiner progressivement le contenu du futur État de droit. » Le mouvement de la société civile qui n’est pas réductible au Hirak doit inscrire ses objectifs dans le temps. L’objectif à long terme: l’Etat de droit. Il éclaire les objectifs à court et moyen termes: de nouvelles conquêtes dans les libertés individuelles et collectives.
  • LAHOUARI ADDI
  • Mais la demande de changement du système n’est pas abstraite. Le hirak ne veut plus que la hiérarchie militaire domine l’Etat et choisisse ceux qui dirigent les institutions. Ensuite vous écrivez: « Il est possible de concilier le mouvement autonome de la société civile avec l’action parlementaire ou gouvernementale pour la modification des lois qui entravent les libertés des citoyens ». Mais le régime ne veut pas. A part mettre à la porte les employés civils du régime, la hiérarchie militaire n’envisage aucune réforme. Elle veut garder intacte la structure du régime en changeant le personnel civil. Des élections législatives sont organisées sans avoir dissout au préalable le FLN et le RND. Mon sentiment est que le FLN et le RND n’auront pas la majorité après le 12 juin, et le MSP, auquel se rallieront des indépendants, aura la majorité, ce qui permettra à Mokri de diriger le gouvernement. C’est le scénario marocain.

  • SAID AIT ALI SLIMANE
  •  Quel systeme civil réclame le Hirak? Êtes vous sur d’un consensus pour l’Etat de droit? Dans cette hypothèse, cette revendication est-elle réalisable à court ou moyen terme?

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