Asie centrale, Mai 2022

Vendredi 27 mai 2022

Il est 16h et nous attendons le train pour retourner à Tachkent. On vient de contrôler nos bagages, billets et passeports. Il faut préciser que les achats de billets de train ne se font que sur présentation du passeport. Les locaux doivent aussi présenter une pièce d’identité qui ressemble à un passeport (vert). Nous sommes ici depuis hier jeudi. Avant-hier, nous avons acheté deux billets de train pour Qo’Qon (ou Kokand) dans la vallée de Fergana, une ville moyenne. Et des achats divers. Chaleur excessive. Le soir j’avais des difficultés de digestion. Gros soucis de nourriture, peut-être une insolation plus la chaleur, la fatigue.

Mercredi a été un jour « sans ». Hier jeudi,  nous avons pris le train à la gare de Tachkent. Un TGV attendait les voyageurs à destination de Samarcande. Notre train est ordinaire. Départ à 8h00, direction Qo’Qon. On distribuait du thé. Tous les sièges étaient occupés. Les trois téléviseurs accrochés au plafond, espacés de quatre mètres l’un des autres, diffusaient le même programme. 

Des chansons du terroir et instruments locaux et cithare. Un chanteur (Sherali Jo’rayev ), qui reçoit énormément de bouquets de fleurs, une sorte de troubadour, chanteur officiel, fait chavirer la salle. Il a été un temps écarté de la télé et la radio Ouzbèque au début des années 2000, puis réhabilité après la mort de Islam Karimov.

Le long du trajet, beaucoup de train de marchandises étaient à l’arrêt. De même beaucoup d’usines dont certaines ressemblent à des centrales-cheminées de type EDF (ou de chapiteaux). Le Fergana est la région la plus peuplée et la plus industrialisée de l’Ouzbékistan. Les premières montagnes au loin sont apparues recouvertes chétivement de neige éternelle. Il y a deux chaînes de montagnes qui entourent le Fergana : au nord le Tians Chan, au sud le Pamir Alaï. D’énormes cratères artificiels (gisements de minerai) en exploitation. À droite dans le sens du train, un gigantesque lac. Nous avons vu des quantités de ruches, des torrents ; des rivières, des lacs. Tout le long de la voie de chemin de fer dans cette région, on distingue des guérites militaires, souvent près de ponts, ainsi que des casernements, parfois isolés avec des fils de fer barbelé.

Le train a longé durant près de deux heures une très longue gorge à très faible vitesse (serait-ce le train bleu de Marseille qui s’est égaré ici ?) Malgré la vitesse réduite, certains coups de frein effrayaient des voyageurs. Impression qu’ils ont lâché. Mais ce n’est que crainte inutile.

Nous avons peu vu d’animaux sinon quelques vaches et des chèvres à flanc de collines. On a traversé le plus long tunnel du pays : 19 km. Après les montagnes, des plaines infinies verdoyantes à l’opposé radical es déserts de Khiva, Boukhara… Nous voilà arrivés à destination, Qo’Qon. La ville se trouve à 400 km au sud-est de la capitale, coincée entre Margil’ilon et la frontière du Tadjikistan et le Kirghizistan. Nous sommes arrivés à midi dix. Le soleil n’en pouvait plus de taper. Une brume de chaleur nous a accompagnés tout le long du parcours.

Le réceptionniste de l’hôtel a eu du mal avec mon passeport « no good passport ». C’est un faux passeport. Et il répétait. Incrédulité. Il allait, venait, repartait, revenait. Il a téléphoné au précédent hôtel pour confirmer je ne sais quoi. Il est revenu. « Ok ». On a enfin eu une chambre. Une grande chambre de type soviétique carré, imposante, sans charme, un meuble avec télé et une armoire en déséquilibre. Pas ou très peu de wifi. Chaleur étouffante. Béni Abbes en août au carré.

Visite de la mosquée Jami. Comme à Tachkent (photo de jeudi), et ailleurs, des ados nous ont interpellé « Héllo… where are you from ?… » Heureux, et photos en selfies. 

Le Palais du Khan était fermé à cause du championnat international de judo (avec, si j’en crois le drapeau algérien flottant fièrement entre d’autres étendards internationaux) qui s’y déroule et auquel nous avons assisté sur les gradins, invités par des policiers.

Ce matin, nous sommes allés directement au cimetière Narbutabey. Et toujours ces grands boulevards qui n’en finissent ni de largeur ni de longueur comme dans la capitale, comme à Samarcande, comme à Boukhara, comme à Khiva, comme à Ourganch.

Nous avons vu les tombeaux des rois, dont celui de Omar Khan et sa famille ; la dalle funéraire de la grande poétesse, Nadira (poèmes en ouzbek et Tadjik). Une femme très aimée dans la région (1792-1842) et son prénom est très courant ici. Elle a été la femme de Omar Khan de Qo’Qon. Une femme de grande de culture, ouverture d’esprit. Elle a dirigé le Kanat durant une décennie lui donnant un rayonnement artistique et une certaine liberté, alors même que régnait dans la région des despotes. Elle a été exécutée par l’émir Nasrullah Khan de Boukhara, car elle a refusé de l’épouser. Les soviétiques en ont fait un modèle du féminin.

Après le cimetière Narbutabey nous sommes allés à la mosquée proche qui porte le même nom. Le haut-parleur diffusait du Coran et les fidèles commençaient à affluer. Une voiture de police est à l’arrêt, bien en vue, devant l’entrée principale. Des vendeurs de grillades et autres sandwiches, kobab, s’activaient devant leurs fours ambulants. Deux ou trois policiers faisaient la circulation, deux autres étaient plantés devant l’entrée. L’un d’eux nous a indiqué le chemin pour nous rendre au Palais Khan. En route nous avons fait une halte à la madrassa Sayyid Muhammad Umar Khan fils de Muhammad Narbuta Khan (1785-1822). Une préposée à la gestion du lieu nous a posé des questions sur le pays d’où nous venions, sur notre voyage… et bien sûr une photo s’est imposée. Au Palais Khan (ouvert aujourd’hui) nous avons visité l’exposition permanente. Des ailes sont réservées à l’histoire de la région, à la faune, à la nature… Dans le jardin, des enfants attablés à la douzaine, assis dans des chaises royales papotaient et mangeaient à la fois avec moins de bruits qu’attendu d’un groupe d’enfants aussi nombreux. Le maître ou animateur/animatrice ne devait pas être loin. 

Il est 16h30 dans la gare de Qo’Qan. Nous attendons le train. Un vent violent s’est abattu sur la ville depuis midi.

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VIDEO PRÉPARATIFS POUR LA FÊTE DU SPORT _ QO’QON

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