Archives de catégorie : Articles divers

Les mots turcs (et persans) dans le parler algérien

Un livre de Mohamed Bencheneb (1869 à Médéa – 1929 à Alger)

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Biographie :

Mohammed Ben Cheneb (né le 26/10/1869 à Médéa en Algérie et mort le 05/02/1929 à Alger) est professeur titulaire à la Faculté des lettres d’Alger. Il est aussi écrivain et essayiste.

Il voyage seul de Médéa à Alger en 1886 et s’inscrit à l’École normale de Bouzarréah, d’où il sort professeur de français en plus d’un diplôme de menuiserie obtenu en parallèle en 1888. Nommé enseignant au bureau officiel du village (Sidi Ali Tamdjert) près de Médéa où il enseigne jusqu’en 1892, il est ensuite muté à Alger à l’école Cheikh Ibrahim Fateh. Il s’inscrit alors de nouveau à l’École normale pour apprendre l’italien, en sus d’autres disciplines professées par le Cheikh Abdehalim Ben S’maya, obtenient les meilleures distinctions dans les sciences dites traditionnelles et un diplôme de lettres arabes de l’Université française d’Alger le 19 juin 1894. Plus tard, il apprend l’espagnol, l’allemand, le latin puis l’hébreu.

En 1898, le 8 mai, il est nommé professeur à la Kettania de Constantine en remplacement du Cheikh Abdelkader El Medjaoui. Il y enseigne les sciences de la langue et des lettres arabes ainsi que le Fiqg (droit musulman), et y reste jusqu’au 19 janvier 1901, avant d’être désigné comme professeur au lycée Thaâlibya d’Alger. En 1920, l’Académie des sciences de Damas l’élit membre en son sein, et il continue à publier dans sa revue scientifique ses recherches linguistiques, historiques et littéraires. La même année les grands professeurs de l’Université d’Alger le pressent de présenter une thèse de doctorat: ce sont deux grands volumes, l’un sur le poète des Abbassides « Abû Dulama », et l’autre sur les mots d’origine turque et persane dans l’arabe des indigènes d’Algérie. En 1924, il est nommé officiellement professeur à la grande Faculté des lettres. Mohammed Ben Cheneb est membre fondateur correspondant non résident de l’Académie des sciences coloniales en 1922. (1)

(1) source: © 2010 – Académie des sciences d’outre-mer 15, rue Lapérouse 75116 PARIS

06.10_ La haine des musulmans

DEUX TEXTES:

1- Dieudonné, Zemmour et les médias français

2- J. Attali contre le souverainisme

DIEUDONNÉ _ ZEMMOUR et les médias

Dieudonné et Zemmour tiennent depuis des années un même abject discours de haine. Le premier à l’encontre des juifs, le second contre les musulmans. Tous deux ont été condamnés par la justice.

Les médias français ont depuis longtemps banni Dieudonné, mais continuent d’accueillir Zemmour.

Lorsqu’on les accuse de pratiquer le deux poids deux mesures, ces médias s’offusquent ou se taisent. Ces comportements, ces prises de position délibérées des médias, mais aussi de la classe politique y compris aux commandes de l’État et des élites médiatiques et autres, qui pratiquent (depuis très longtemps) ce deux poids deux mesures, alimentent chez les musulmans un fort sentiment d’injustice et de la frustration. Ils ont pour conséquence de conforter chez eux (les musulmans) le rejet de ces élites, de cette classe politique. Ils les éloignent du champ de la citoyenneté. Ils participent d’une certaine façon (et je pèse mes mots) de la radicalité chez nombre de jeunes français «  »issus de l’immigration » » exclus de la Cité (comme avant eux leurs pères, leurs grands-pères ces invisibles) ou abandonnés à sa périphérie ou encore au rez-de-chaussée, devant un ascenseur social qui leur est bloqué.

Quant à l’élite musulmane (ou perçue comme telle), qui se compte sur les doigts de deux mains, elle se cantonne dans un silence outrageux, lorsqu’elle même n’est pas ostracisée par les dits-médias et élites non musulmanes. Ses membres sont soumis au chantage. D’autres sont opportunistes ou carriéristes, nous disons khobzistes. (à la seule recherche du pain nourricier).

Dans mon roman « LE CHOC DES OMBRES » (qui traite de la haine), Charly Pinto _ l’avatar de Zemmour, de Finkielkraut, de Richard Millet, de Céline et d’autres et qui propage le même discours de rejet, de haine que celui de ces personnages à l’encontre des musulmans _ est abattu devant la radio qui l’emploie.

Lire pp 286 et plus du roman.

Cliquer sur ce lien http://ahmedhanifi.com/le-choc-des-ombres/ puis sur l’autre lien en bas de la page qui s’affichera (page 286 et plus)

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« Derrière le souverainisme, se cache trop souvent la haine des musulmans. » J. Attali

Quand on parle de « souverainisme », beaucoup de gens veulent croire qu’on ne parle, en Europe, que d’une maîtrise des importations et d’un refus des disciplines communautaires. En réalité, dans la plupart des cas, ceux qui en font l’apologie parlent en fait ainsi à mots couverts d’un refus des migrants, et plus largement, d’un refus des musulmans.

Rien ne serait pourtant plus terrible, dans la société française, que de laisser dénoncer impunément la présence musulmane, et de transformer une (légale) critique de l’islam en un (illégal) racisme anti-africain (et en particulier anti-arabe).

D’abord, les discours ainsi tenus sont faux. Il n’y aucun envahissement de la France par l’Islam ou par l’Afrique. Les migrants non européens ne représentent pas, en solde net annuel, 450.000 personnes, comme le prétendent les extrêmes, mais moins de 185.000 personnes, (et encore, en tenant compte des naturalisations, qui en représentent la moitié), soit moins d’un demi pour cent de la population française. 

99% d’entre eux s’intègrent parfaitement dans la nation ; ils font des études, fondent des familles, parlent en français à leurs enfants, créent des entreprises, deviennent professeurs ou médecins. Les mères musulmanes et africaines ne sont pas de moins bonnes mères que les autres françaises ou résidentes en France. Et les musulmans ne sont pas beaucoup plus pratiquants que le sont aujourd’hui les fidèles des autres monothéismes. 

L’islam n’est pas une menace pour la France ; il en est une composante depuis le 8ème siècle. C’est même par lui, et par les philosophes juifs, que la pensée grecque est arrivée en France au tournant du premier millénaire. Et jamais le monde ne s’est mieux porté que quand Judaïsme, Chrétienté et Islam travaillaient ensemble à faire triompher la raison sur l’obscurantisme. 

Bien sûr, on doit tout faire pour faciliter l’intégration des migrants, favoriser la réussite de leurs enfants ; et s’opposer à toutes les tentatives religieuses, d’où qu’elles viennent, pour imposer une conception du monde, ou un mode de vie, contraires aux règles de la laïcité, non respectueuses des droits des femmes, ou plus généralement, violant les lois de la République. Ce n’est pas le cas en France de la quasi-totalité des gens de foi, quelle que soit leur foi. Et en particulier ce n’est pas le cas des musulmans.

Ces discours hostiles aux musulmans de France sont mortifères.

En particulier quand ils viennent de juifs, qui devraient ne pas oublier que l’antisémitisme vise à la fois les uns et les autres. Il faut donc à tout prix dénoncer les discours délirants, d’Éric Zemmour, de William Goldnagel, ou même, dans de trop nombreuses de ses déclarations, d’Alain Finkielkraut ; et de tant d’autres. En particulier, il est triste de voir des descendants de juifs d’Algérie oublier le rôle magnifique que les musulmans algériens ont joué pour soutenir et protéger leurs parents, aux temps horribles de l’antisémitisme triomphant en métropole et plus encore en Algérie, sous Vichy, sous Giraud, et même sous de Gaulle. 

Il ne serait pas de l’intérêt de la communauté juive française que les musulmans de France en viennent à penser que leurs concitoyens juifs se joignent à ceux qui veulent les chasser du pays, alors que les deux communautés sont encore considérées par d’autres Français, comme des nouveaux venus indésirables. Ce serait aussi faire le jeu de ce qui aimerait importer en Europe le tragique conflit du Moyen Orient.

La France ne se résume pas à un passé, souvent insupportable, ni à une histoire, souvent critiquable. La France n’est pas à prendre en bloc, à vénérer en tant que telle. Elle doit savoir critiquer son propre rôle dans l’esclavage, dans le colonialisme, dans la xénophobie, dans l’antisémitisme, dans la collaboration, dans la destruction de la nature. Elle ne doit pas céder à ces fantasmes de « grand remplacement », se souvenir qu’elle porte le nom d’un peuple envahisseur, et qu’elle est, depuis son origine, le lieu privilégié d’installations d’innombrables peuples, dont chaque Français, d’où qu’il vienne, est l’héritier.

Elle ne doit pas oublier non plus que ce qui se cache aujourd’hui derrière le « souverainisme » désigne en fait la même xénophobie, la même fermeture, la même absence de confiance en soi que les idéologies anti-italienne, anti-polonaise, anti-arménienne, et antisémites des siècles passés.

La France est un devenir, dont le passé ne peut être pris en bloc, mais doit être soigneusement trié, selon des critères que, justement, la République française a contribué à construire. 

La France n’est grande que quand elle est ouverte, accueillante, sûre d’elle-même. Quand elle se construit, siècle après siècle en confiance, dans le brassage et l’intégration d’idées et de familles nouvelles, venues enrichir la communauté nationale.

j@attali.com http://www.attali.com/

4 octobre 2019

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4.10_ Janis JOPLIN…

Vous aviez 20 ans dans les années 70 ? alors cliquez ici ! (ce n’est pas le cas? c’est idem, regardez (écoutez !): Summertime

Bougez ou cliquez ici ! Move over

Souvenir, souvenir… J’ai trouvé ce bel hommage

Le dernier cri de Janis Joplin – Bel hommage de Bertrand Le Gendre- Le Monde.fr- 30 septembre 2000, à lire ici:https://www.lemonde.fr/culture/article/2000/09/30/le-dernier-cri-de-janis-joplin_101445_3246.html

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Janis Joplin est née le 19 janvier 1943 à Port Arthur, Texas. Elle est morte le dimanche 4 octobre 1970 à Los Angeles.

Les douze contes de minuit de Salim BACHI, 18.04.2007

Le dernier livre de Salim BACHI Les douze contes de minuit (Gallimard) se présente sous la forme d’un recueil de nouvelles (12 donc) de différentes longueurs allant de quatre à vingt-deux pages. Parfois une nouvelle répond comme en écho à une autre ainsi Le bourreau de Cyrtha répond-il à Enfers, Insectes à Le vent brûle

On retrouve une écriture fluide, spiralée qui fait une place non négligeable au monologue intérieur parfois démultiplié ou s’entrecroisant comme dans Histoire d’un mort. Salim BACHI nous dit à propos de ce récit « J’ai pensé écrire un roman sur le modèle de Tandis que j’agonise (W. Faulkner). Au final, je me suis retrouvé avec cette nouvelle. » Une symphonie à plusieurs voix comme dans la tragédie Compson dans « Le bruit et la fureur » du même Faulkner. Sami BACHI amalgame avec bonheur jeux de mots, interruptions syntaxiques, avec des phrases s’interrompant à mi-parcours, ou autrement des phrases sans fin ou un texte de plusieurs pages délesté de toute ponctuation comme une mer sans fin (Le naufrage). Une écriture qui « s’attaque aux formes périmées du dialogue, aux alinéas, aux tirets… » pour reprendre les mots de Gaëtan Brulotte.

Les nouvelles sont des récits allégoriques sur l’Algérie des années 1990, d’ailleurs ce passé ne cesse de cogner tout au long des douze coups ou contes. Un pays où des hommes qui luttent contre toute forme d’oppression, qu’elle émane de l’Homme, des islamistes qui ont « perdu la religion de (leur) mère » de Big Brother, du pouvoir militaire ou d’une Instance-béquille ; des hommes qui ne demandent qu’à survivre (Le naufrage, Le messager, Le cousin)

Extraits de Le naufrage :

« cette garce avec son mioche ses yeux bleus comme la mer affreuse qui délivra ces cadavres car ce sont des pieuvres et je les hais comme je hais ce foutu enfant de putain qui pour m’avoir tendu la main croit exercer son pouvoir sur moi je n’ai pas à prendre ce sceau ni à écoper puisque je ne suis pas son esclave l’esclave de personne d’ailleurs qu’il le fasse lui l’homme civilisé avec ses boniments sa morale moi je veux qu’il crève sous mes yeux »

de Nuée ardente :

« Quand le mal fut venu, le Colonel se trouva fort dépourvu ; il ne se sentait pas l’âme d’une fourmi, lui qui régnait sur ses sujets comme Belzébuth sur ses mouches. C’était une lèpre qui s’attaqua d’abord à sa chair avant de s’en prendre à son âme. A chaque once de peau qu’il perdait, il rendait grâce pour les forfaits commis durant sa brève mais terrible existence. »

De cette nouvelle Salim BACHI dit qu’elle est « une de mes premières nouvelles, écrite au début des années 90 sur le modèle de l’Automne du patriarche et des Funérailles de la grande mémé, (1962) de Garcia Marquez. » qui préfigure l’extraordinaire Cent ans de solitude.

Mais Les douze contes de minuit, où l’on retrouve des personnages de « l’immémoriale Cyrtha », d’Ulysse, de La Kahéna, de Tuez-les tous ; Hchicha Hamid Kaïm, la tribu des Béni Djer…, ces douze contes de minuit ont-ils sonné pour Cyrtha comme l’indique la quatrième de couverture ? Salim BACHI est resté silencieux sur cette question. Pour le moment.

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01.10- L’animateur de la page Facebook ‘Algérie debout’, convoqué par la police

Le fondateur et l’animateur de la page Facebook Algérie debout, dédiée au Hirak, Sofiane Benyounès, a reçu aujourd’hui une convocation de la police de la wilaya d’Alger.

Très actif depuis le 22 février, Sofiane Benyounès est convoqué par le pôle de la cybercriminalité de Bab Ezzouar. Sur sa page, il publie la convocation tout en affirmant :  «Le 30 septembre, des policiers en civil se sont déplacés afin de me présenter immédiatement au service de la Cybercriminalité de Bab Ezzouar. Ayant constaté mon absence, ils sont revenus avec une convocation à m’y rendre dans les plus brefs délais.»  Sofiane Benyounès lie cette convocation au contenu de sa page consacrée au mouvement pacifique pour le changement. Le fondateur d’Algérie Debout évoque ainsi des attaques contre son groupe qui a causé sa fermeture à trois reprises.

https://maghrebemergent.info/le-fondateur-du-groupe-facebook-algerie-debout-convoque-par-la-police/?fbclid=IwAR1vIr2XdK10xQzHRzbHlOL0l4CutkZNia4F6DwZmdYuVef38f0xrEB2fyw